Le groupe Le Monde dans le vert en 2019 mais secoué par le Covid

Le groupe Le Monde dans le vert en 2019 mais secoué par le Covid
Le groupe Le Monde a dégagé un bénéfice net en 2019 pour la troisième année d'affilée mais la crise sanitaire de début 2020 a effacé une partie de ses recettes

, publié le mercredi 08 juillet 2020 à 21h01

Le groupe Le Monde a dégagé un bénéfice net en 2019 pour la troisième année d'affilée mais la crise sanitaire de début 2020 a effacé une partie de ses recettes, ont indiqué mercredi ses dirigeants sur le site du journal.

En 2019, le groupe a dégagé un bénéfice net de 2,6 millions d'euros, contre 14,6 millions en 2018, année où il avait bénéficié de la cession du terrain de son ex-imprimerie.

Le chiffre d'affaires a atteint 302,7 millions d'euros, stable par rapport à l'année d'avant "grâce à l'essor très marqué du portefeuille d'abonnés numériques du Monde", précisent le directeur du groupe Jérôme Fenoglio et son président Louis Dreyfus.

Le journal a notamment franchi en mai le cap des 300.000 abonnés purement numériques tandis que Courrier International en comptait 55.000 en juin, Le Monde Diplomatique 21.000 fin 2019 et Télérama 10.000.

Ces bons résultats ont permis de soutenir les chiffres de diffusion du journal malgré "la baisse prononcée des ventes du journal papier au numéro". 

Le pôle magazine du groupe (Courrier International, La Vie, Télérama et Le Monde Diplomatique) a dégagé un bénéfice opérationnel de plus de 10 millions d'euros en 2019.

Les premiers mois de 2020 ont été plus difficiles, le groupe ayant dû faire face à une baisse de 50% de ses recettes publicitaires et à la fermeture des kiosques; il évalue l'impact de la crise à 18 millions d'euros sur son chiffre d'affaires.

S'y ajoutent les coûts liés à la faillite du distributeur Presstalis, évalués à 14 millions d'euros. 

Pour y faire face, le groupe a contracté un prêt garanti par l'Etat à hauteur de 17 millions d'euros ainsi qu'un autre prêt bancaire de 5 millions d'euros et un apport des actionnaires de 5 millions d'euros. 

"Ces nouveaux financements, associés à la renégociation de notre crédit-bail immobilier, nous donnent les moyens nécessaires pour relancer notre exploitation et traverser le trou d'air de ce premier semestre", estiment les dirigeants.

Parallèlement, le journal a enregistré pendant la crise  un pic d'abonnements jamais atteint au cours de ses soixante-quinze ans d'existence : "nettement plus de 400.000 en cumulant papier et numérique".

Il souligne aussi le succès d'opérations éditoriales comme celle sur les féminicides, qui a débouché sur de nombreux articles et un documentaire télévisé, et annonce que d'autres projets sont prévus dans les prochains mois.

Les 1.600 collaborateurs ont par ailleurs déménagé début 2020 dans un nouveau siège parisien dont la construction représente un investissement de 203 millions d'euros.

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