Lagardère "discute" d'une cession partielle d'Hachette à Vivendi

Chargement en cours
Le groupe Lagardère "discute" avec son premier actionnaire Vivendi qui a manifesté son intérêt pour marier le pôle international d'Hachette Livre à sa propre filiale d'édition Editis
Le groupe Lagardère "discute" avec son premier actionnaire Vivendi qui a manifesté son intérêt pour marier le pôle international d'Hachette Livre à sa propre filiale d'édition Editis
1/2
© AFP, ERIC PIERMONT

, publié le mercredi 04 novembre 2020 à 21h33

Le groupe "discute" avec son premier actionnaire Vivendi qui a manifesté son intérêt pour marier le pôle international d'Hachette Livre à sa propre filiale d'édition Editis, selon des sources concordantes interrogées par l'AFP, confirmant des informations de BFM Business.

Les deux groupes n'ont pas souhaité commenter officiellement ces "rumeurs" et le Groupe Arnault, propriétaire d'un quart de la holding de Lagardère, n'a pas répondu mercredi aux sollicitations de l'AFP.

Selon des sources proches du dossier, les trois parties engagées dans une bataille judiciaire et actionnariale pour le contrôle de l'ex-empire industriel et médiatique ont depuis quelques semaines "recommencé à se parler" et "discutent", même si "on est très loin de l'issue des négociations".

Le géant des médias Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, a manifesté son intérêt pour le pôle international d'Hachette, qui représente 71% des 2,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires générés en 2019 par le troisième éditeur mondial (propriétaire notamment des maisons Grasset, JC Lattès, Fayard, Stock et Calmann-Lévy).

"Vivendi a toujours voulu développer des activités de contenu" et un mariage avec sa filiale Editis, rachetée en 2019, "a du sens", a commenté auprès de l'AFP une source proche du magnat breton.

Limitée aux activités internationales, l'acquisition aurait plus de chances d'obtenir l'assentiment des autorités de la concurrence.

Depuis son entrée en début d'année au capital de Lagardère, Vincent Bolloré était plutôt réputé intéressé par la radio Europe 1 pour l'associer au groupe Canal+, mais ce projet a été interrompu à la suite de l'arrivée surprise du patron de LVMH Bernard Arnault, venu soutenir Arnaud Lagardère.

En échange de ce qui serait perçu comme un sérieux coup de canif dans "l'intégrité" des deux branches du groupe qu'ils se sont engagés à défendre, les deux partenaires pourraient selon une source obtenir de Vincent Bolloré l'engagement de ne plus monter au capital (il possède 27% des parts, au seuil d'une OPA), voire de céder sa participation.

Arnaud Lagardère pourrait aussi saisir l'occasion de monnayer son statut d'associé-commandité (qui le rend indéboulonnable à la tête de son groupe), estimé selon différents acteurs du dossier à quelque 10% des parts, soit 250 millions d'euros.

Le groupe Lagardère doit publier jeudi matin ses résultats financiers du troisième trimestre. Au premier semestre, les pertes opérationnelles de la branche "Travel Retail", très affectée par la crise sanitaire, n'avaient été que très partiellement compensées par l'activité d'édition.

Le groupe a par ailleurs rendez-vous le 26 novembre devant la Cour d'appel de Paris pour le second round de son match judiciaire contre Vivendi et le fonds activiste Amber.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.