Fermeture d'une exposition à Macao montrant des photos de Hong Kong

Fermeture d'une exposition à Macao montrant des photos de Hong Kong
Photo de Nicolas Asfouri, photographe de l'AFP, des manifestations à Hong Kong, le 11 septembre 2019

, publié le samedi 10 octobre 2020 à 12h29

Une exposition annuelle du World Press Photo montrant des images des manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong a été fermée à Macao sans explications, éveillant des soupçons de pression politique de Pékin.

L'exposition, accueillie par l'Association Casa de Portugal Macao chaque année depuis 2008, devait se dérouler de fin septembre au 18 octobre.

Elle présentait "le meilleur du journalisme visuel" de l'année passée, incluant des images primées des manifestations de Hong Kong, prises par le photographe de l'AFP Nicolas Asfouri.

La Fondation du World Press Photo, la plus fameuse récompense mondiale en matière de photojournalisme, a indiqué dans une déclaration "regretter" la fermeture prématurée de l'exposition et "ne pas avoir été en mesure de confirmer les raisons" de celle-ci.

"Alors que les raisons de la fermeture restent peu claires, nous suivons les articles de la presse locale suggérant que cela pourrait être le résultat de pressions extérieures liées au contenu de l'exposition", a déclaré Laurens Korteweg, directeur des expositions à la Fondation du World Press Photo.

"Soutenir les conditions de la liberté d'expression, de la liberté d'enquête et de la liberté de la presse est une part essentielle de notre travail", a-t-il ajouté.

L'exposition montrait des photos des manifestations monstres en faveur de la démocratie qui avaient ébranlé Hong Kong pendant des mois en 2019.

L'Association de la presse anglophone et lusophone de Macao a indiqué à des médias locaux que la ville était "face à une situation sérieuse et à un épisode inquiétant, signalant une érosion de la place allouée à la liberté et à l'expression", si la fermeture de l'exposition était due à des pressions politiques.

En mai, la capitale mondiale du jeu avait interdit une exposition de photos de la sanglante répression des manifestants prodémocratie de la place Tiananmen en 1989, pour la première fois depuis trois décennies.

Anciennes colonies, Macao et Hong Kong ont pu bénéficier de libertés inconnues en Chine continentale quand elles été rétrocédées à la Chine. Mais beaucoup craignent que celles-ci soient en train de disparaître alors que Pékin resserre son emprise.

A Hong Kong, après les manifestations de l'an dernier, le pouvoir central chinois a entamé une reprise en main musclée au travers d'une loi draconienne sur la sécurité nationale imposée fin juin. 

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