Chute d'audience d'Europe 1: motion de défiance adoptée contre Lagardère

Chute d'audience d'Europe 1: motion de défiance adoptée contre Lagardère
Dans les studios d'Europe 1 à Paris, le 20 décembre 2018

AFP, publié le jeudi 18 avril 2019 à 13h37

Une motion de défiance contre Arnaud Lagardère, PDG d'Europe 1, a été adoptée jeudi lors d'une assemblée générale des salariés de la radio, qui entendent ainsi protester contre une "absence de stratégie" face à la chute des audiences de la station, a-t-on appris de source syndicale.

"Europe 1 sous la barre des 6 points d'audience avec plus d'un million et demi d'auditeurs perdus depuis 5 ans ! Les salariés de la station n'acceptent pas cette descente aux enfers qu'ils attribuent à l'absence criante de stratégie du propriétaire d'Europe 1, le groupe Lagardère, depuis de trop longues années", souligne en préambule cette motion.

Le texte exprime la défiance des salariés à l'égard d'Arnaud Lagardère, qui avait décidé il y a deux ans de devenir PDG de la radio, et le désigne comme "responsable au premier chef de la situation dans laquelle se trouve l'entreprise aujourd'hui".

Il a été approuvé à une très large majorité (86 voix pour, 7 contre et 4 absentions).

Le vote s'est déroulé au nouveau siège parisien d'Europe 1, et en présence de représentants de la direction de la radio, quelques heures après la publication des audiences de Médiamétrie. Celles-ci ont montré une nouvelle chute d'Europe 1, dont l'audience cumulée, en baisse de 0,9 point à 5,9%, est tombée à un nouveau plus bas.

"Ce que nous avons voulu dire avec cette motion, c'est que nous salariés, ne pouvons pas accepter sans réagir cette dégringolade. Nous avons le devoir de nous exprimer, sinon cela voudrait dire que nous cautionnons cette non-stratégie, dont le responsable est Arnaud Lagardère", a indiqué à l'AFP Olivier Samain, délégué SNJ.

Outre la chute des audiences, la motion dénonce également d'autres sujets d'inquiétude et de mécontentement parmi les salariés, notamment "la persistance d'importantes poches de précarité", un "deux poids - deux mesures" en matière de salaires, un manque de visibilité sur le numérique, ou encore "un management insuffisamment respectueux".

Il y a une semaine, les salariés du site d'Europe 1 s'étaient mis en grève, une première au sein de la station depuis les années 1970, "ce qui a créé un électrochoc", souligne le responsable syndical.

La station a subi des changements successifs de grille et de dirigeants depuis trois ans, qui n'ont pas permis jusqu'ici d'enrayer la fuite de ses auditeurs et alimentent un climat de grande incertitude chez les salariés. 

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