Champs-Elysées: un premier kiosque incendié a rouvert, la presse soutient les kiosquiers

Champs-Elysées: un premier kiosque incendié a rouvert, la presse soutient les kiosquiers
Un kiosque incendié sur les Champs-Elysées lors d'une manifestation de "gilets jaunes", le 16 mars 2019

AFP, publié le mardi 19 mars 2019 à 18h57

Un premier kiosque incendié sur les Champs-Elysées a rouvert dès mardi matin, a annoncé Médiakiosk, la société qui gère ces points de vente à Paris.

Le kiosque en face du magasin Louis Vuitton au n°101 de l'avenue, qui était calciné lundi matin, a été remplacé dans la nuit et a pu rouvrir mardi matin.

Trois autres kiosques calcinés lors de l'acte 18 des "gilets jaunes" ont également été enlevés cette nuit, a indiqué Médiakiosk, une filiale de JCDecaux. Ils seront reposés et rouverts "dans les jours à venir", avec le soutien de la mairie de Paris.

Claude Perdriel, qui préside le groupe Challenges, a regretté dans un éditorial que les kiosquiers aient "subi le sort des boucs émissaires, ruinés par une violence aveugle". M. Perdriel a proposé aux autres groupes de presse d'ouvrir une "souscription" pour aider les kiosquiers à payer "les dettes qui leur incombent, dont ils se trouvent injustement responsables".

Challenges va verser 20.000 euros, et a été rejoint par le groupe Le Monde, Le Point, Le Figaro, Libération, L'Express, le Canard Enchaîné, Le Un, La Croix, Les Echos, le Petit quotidien, L'Humanité, Paris Match, le JDD, L'Equipe et Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Des cagnottes en ligne, ouvertes depuis samedi pour soutenir les kiosquiers, rassemblaient près de 10.000 euros mardi après-midi. 

"En s'attaquant à ces kiosquiers et à leur outil de travail, les casseurs encouragés par des gilets jaunes présents, ont montré leur volonté de s'attaquer à la démocratie dont la liberté d'information est un des éléments constitutifs", a souligné Claude Perdriel sur le site de Challenges.

Sept kiosques avaient été incendiés samedi, dont cinq totalement détruits, sur les Champs-Elysées et dans les rues adjacentes. Au total, 22 kiosques ont été saccagés à Paris selon Médiakiosk, avec des tags, des vitres brisées ou des rideaux arrachés. 

Après avoir salué la "mission de service public essentielle" que remplissent les kiosquiers, le ministre de la Culture Franck Riester les a reçus mardi après-midi.

Le Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP) a souligné dans un communiqué que ces "exactions" revêtaient "un caractère évidemment inacceptable". 

"Ces destructions interviennent alors que la Ville de Paris, la société concessionnaire Médiakiosk et les éditeurs de presse sont engagés depuis des mois dans un effort sans précédent de rénovation et de modernisation du réseau des kiosques parisiens", a ajouté le CSMP.

27 commerces ont été pillés et 124 dégradés, a précisé lundi le Premier ministre Edouard Philippe. Le préfet de police de Paris et le directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération ont été remplacés depuis.

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