"Chambre 2806 : l'affaire DSK" : Netflix revient sur le scandale du Sofitel

"Chambre 2806 : l'affaire DSK" : Netflix revient sur le scandale du Sofitel
Dominique Strauss-Kahn, le 6 septembre 2018.

, publié le lundi 07 décembre 2020 à 12h32

La série documentaire sur l'affaire du Sofitel de New York réalisée par Jalil Lespert est disponible à partir de lundi 7 décembre sur Netflix. Plusieurs personnalités y témoignent, dont la femme de chambre Nafissatou Diallo qui avait accusé de viol Dominique Strauss-Kahn.

Mais pas ce dernier. 

Les images avaient fait le tour du monde. Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI et grand favori de la présidentielle de 2012, est arrêté à New York alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour rentrer en France. L'ancien ministre de l'Economie est accusé de viol par une femme de chambre de l'hôtel Sofitel, Nafissatou Diallo, et sera poursuivi au pénal. Les poursuites seront abandonnées quelques mois plus tard la suite d'une transaction financière avec la plaignante.




Près de 10 ans après ce scandale qui a mis un terme à la carrière politique de DSK, le réalisateur français Jalil Lespert revient pour Netflix sur cette affaire dans une série documentaire intitulée "Chambre 2806 : l'affaire DSK" diffusée à partir de lundi 7 décembre. Plusieurs personnalités y témoignent dans ces quatre épisodes, dont Nafissatou Diallo, la romancière Tristane Banon, qui a accusé l'ancien directeur du FMI de tentative de viol, une ancienne prostituée, ou encore les avocats américains de Dominique Strauss-Kahn et deux amis proches. Mais pas Dominique Strauss-Kahn. 

"On a été en communication permanente avec DSK. Il a longuement hésité pour finalement ne pas participer à notre série", raconte au Parisien Jalil Lespert. "Cela dit, il a déjà donné sa version des faits au JT de TF1 (face à Claire Chazal, en septembre 2011, ndlr) et sur CNN", rappelle-t-il.

La version de Nafissatou Diallo

Le témoignage le plus attendu est celui de son accusatrice Nafissatou Diallo. "Il était comme un singe, comme un animal. J'avais si peur", explique l'ancienne femme de chambre, qui a accepté de sortir de sa réserve habituelle et de répondre qu'à la dernière minute. "Il m'a attrapée... j'ai essayé de le repousser, de m'enfuir...", précise-t-elle, en donnant en détails sa version des faits. 

Un récit néanmoins jugé incohérent par le procureur à l'époque, qui avait alors décidé d'abandonner les poursuites, estimant que sa seule témoin n'était pas suffisamment fiable. "J'ai le sentiment que dans cette affaire, on n'a parlé que de moi", regrette-t-elle. "Rien sur lui. J'avais l'impression d'être une criminelle qui avait attaqué quelqu'un." L'un de ses avocats confirme que jamais DSK n'a eu à confronter sa version des faits à celle de sa victime présumé. 

Dans ce documentaire, plusieurs témoignages, et notamment celui du directeur de la sécurité du Sofitel, accréditent les accusations de Nafissatou Diallo. Pour autant, le producteur de "Chambre 2806 : l'affaire DSK", Philippe Levasseur, se défend auprès du Parisien de toute partialité. "On a voulu poser les faits de la façon la plus rigoureuse possible. Je ne suis pas sûr que tous les spectateurs arrivent à la même conclusion. Et nous n'avons pas fait l'impasse sur les zones d'ombre qui entourent le témoignage de Nafissatou Diallo", assure-t-il.

DSK contre-attaque

De son côté, Dominique Strauss-Kahn a annoncé vendredi sur Twitter qu'il allait livrer "pour la première fois" sa "version des faits" dans un film documentaire sur sa vie, à sortir à l'automne 2021. "Je n'ai jamais donné ma version des faits qui ont marqué mon retrait de la vie politique, d'autres s'en sont chargés à ma place, prenant la parole à partir de coupures de presse, d'interviews et de faits réels ou supposés. L'heure est venue de m'exprimer", a-t-il assuré.

Le film "actuellement en production", "retrace les événements" qui ont marqué la vie du septuagénaire, l'une des figures les plus puissantes du parti socialiste avant sa chute. 
 

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