Bloomberg estime que ses journalistes doivent accepter une couverture "limitée" de sa campagne

Bloomberg estime que ses journalistes doivent accepter une couverture "limitée" de sa campagne
Le milliardaire Michael Bloomberg en campagne le 5 décembre à Aurora, dans le Colorado

, publié le vendredi 06 décembre 2019 à 21h42

Michael Bloomberg, patron de l'agence Bloomberg News et candidat à la présidentielle américaine, a estimé vendredi que ses journalistes devaient accepter de couvrir sa campagne de façon limitée, soulignant qu'il n'y avait pas d'autre solution.

"Il y a des choses qu'il faut accepter", a déclaré l'ex-maire de New York dans une interview sur la chaîne CBS. "Ils touchent un salaire, et ce salaire s'accompagne de restrictions et de responsabilités".

Le rédacteur en chef de l'agence, John Micklethwait, avait annoncé le 24 novembre, en même temps que M. Bloomberg officialisait sa candidature à l'investiture démocrate, que ses journalistes n'enquêteraient sur aucun des candidats démocrates, pour ne pas risquer de couvrir de façon biaisée leur patron.

M. Bloomberg a justifié cette décision vendredi. 

"Les gens m'ont dit: +Comment peut-on enquêter sur soi-même?+ Et j'ai répondu, +Je ne crois pas que ce soit possible+". 

Certains journalistes et ex-journalistes de l'agence, qui emploie 2.700 personnes dans le monde, ont cependant critiqué cette décision. 

Une ex-chef du bureau de Washington de Bloomberg, Megan Murphy, avait notamment jugé "ahurissant qu'un rédacteur en chef puisse mettre son nom sur une note qui interdit à une armée de journalistes très talentueux de couvrir des aspects d'une des élections les plus déterminantes de notre époque", dans un tweet.

Vendredi, un journaliste vedette de CNN, Jake Tapper, s'est dit lui aussi "désolé pour les excellents journalistes de Bloomberg, qui ont été placés dans une position intenable".

M. Tapper a estimé qu'il vaudrait "mieux pour Bloomberg qu'il se coupe de son agence d'informations jusqu'à la fin de sa campagne (ou de sa présidence?)."

D'autres ont appelé le milliardaire, qui possède 88% de Bloomberg LP, à désinvestir totalement.

Malgré les risques de conflits d'intérêt, Michael Bloomberg, 77 ans, l'un des hommes les plus riches du monde, garde pour l'instant la main sur son groupe d'informations.

Dans une interview il y a un an, il avait néanmoins expliqué que dans le cas où il serait élu, il placerait ses sociétés dans un trust confié à une personne de confiance, ou cèderait son entreprise.

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