Un rituel juif incluant des sacrifices de poulets résiste aux critiques

Un rituel juif incluant des sacrifices de poulets résiste aux critiques
Un juif orthodoxe israélien tient un poulet dans sa main avant le rituel de la Kapara qui prévoit de faire tourner la volaille trois fois au-dessus de la tête d'un fidèle en récitant des formules religieuses pour que ses ...

AFP, publié le lundi 17 septembre 2018 à 20h29

A la veille de Kippour, le jour le plus sacré du judaïsme, des milliers de juifs israéliens ont pratiqué lundi à Jérusalem le rite des "kapparot", qui consiste à sacrifier un poulet en signe d'expiation, malgré le nombre croissant d'opposants à ce rituel.

La Kapara consiste à faire tourner une volaille blanche trois fois au-dessus de la tête d'un fidèle en récitant des formules religieuses pour que ses péchés passent à l'animal avant Yom Kippour, jour du grand pardon, qui sera célébré à partir de mardi soir.

Le volatile est ensuite égorgé, puis la valeur de la volaille, un mâle pour les hommes et une femelle pour les femmes, est versée à une cause charitable.

Le rituel, qui remonte au Moyen-âge, est la cible d'attaques d'organisations de défense des animaux mais aussi du ministère de l'Agriculture qui mène campagne depuis trois ans contre cette coutume.

Le ministère inspecte les sites où se déroulent ce rituel afin de vérifier que la santé publique et les droits des animaux sont respectés, selon une responsable du ministère.

De nombreux rabbins conseillent par ailleurs de substituer aux volailles une somme d'argent que l'on fait également tourner au-dessus de la tête en vue de l'expiation des péchés et qui est ensuite versée aux pauvres.

Pour Shuki Friedman, directeur du Centre pour la religion et l'Etat de l'Institut démocratique d'Israël, ce rite n'est pas considéré comme essentiel dans le judaïsme.

Selon lui, le ministre de l'Agriculture Ouri Ariel, du parti religieux Foyer juif, ne peut pas affronter les ultra-orthodoxes pour des raisons politiques, les députés de ce courant représentant 13 sièges sur les 66 de la coalition de Benjamin Netanyahu.

"Il ne peut pas condamner directement ce rituel, juste essayer de convaincre de le limiter sans trop le critiquer", a estimé M.Friedman, dans un entretien à l'AFP.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.