Nouvelle vie pour les moutons roumains du "cargo de la mort"

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Un des moutons roumains rescapés du naufrage d'un cargo, dans lequel plus de 14.000 de leurs pairs avaient péri en novembre, le 15 janvier 2020 dans un refuge de la bourgade rurale de Peris, à une trentaine de kilomètres de Bucarest
Un des moutons roumains rescapés du naufrage d'un cargo, dans lequel plus de 14.000 de leurs pairs avaient péri en novembre, le 15 janvier 2020 dans un refuge de la bourgade rurale de Peris, à une trentaine de kilomètres de ...
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© AFP, Daniel MIHAILESCU

, publié le mercredi 15 janvier 2020 à 16h40

Quelques 180 moutons roumains rescapés du naufrage d'un cargo, dans lequel plus de 14.000 de leurs pairs avaient péri en novembre, ont commencé une nouvelle vie dans un refuge animalier non loin de Bucarest, a constaté l'AFP mercredi.

"Ils sont nés une deuxième fois", observe Kuki Barbuceanu, responsable de l'association Animal Rescue and Care (Arca), qui a organisé le transfert des 180 moutons dans la bourgade rurale de Peris, à une trentaine de kilomètres de Bucarest.

Les ovins ont échappé à l'abattage auquel ils étaient destinés en Arabie Saoudite et au sinistre qui a touché le cargo les transportant vers le Golfe Persique.

Fin novembre, le bateau battant pavillon de Palau avait chaviré avec 14.600 moutons à bord, pour une raison inconnue, peu après avoir quitté le port de Midia (sud-est de la Roumanie), en mer Noire. Les 21 membres d'équipage en étaient sortis indemnes.

Des volontaires de l'Arca avaient oeuvré pendant plusieurs jours pour extraire les bêtes encore en vie des entrailles du navire où elles s'étaient retrouvées piégées.

Abrités pour l'hiver dans une étable moderne, les moutons miraculés, de jeunes mâles d'environ un an, pourront au printemps gambader autour du refuge et côtoyer les cinq chevaux, deux ânes, chiens et chats qui s'y trouvent déjà.

Certains d'entre eux toussent, d'autres ont souffert d'entorses, mais leur état de santé est bon dans l'ensemble, se félicite l'association.

"Ils pourront se la couler douce jusqu'à la fin de leur vie, soit 12 à 15 ans, car ils le méritent", dit M. Barbuceanu.

Dès que les questions de propriété seront tranchées, une partie des animaux sera transférée dans des "refuges vegans" ou adoptés. 

Près de trois mois après le naufrage, le cargo demeure couché sur le flanc, à quelques centaines de mètres du quai, tandis que les carcasses n'en ont toujours pas été extraites. L'administration portuaire vient cependant de désigner le gagnant d'un appel d'offres qui va permettre le renflouage.

Selon M. Barbuceanu, les moutons qui ne sont pas morts noyés ou écrasés contre les parois du navire ont péri de soif.

Le sort des 14.600 moutons avait ému l'opinion et de nombreux Roumains ont donné de l'argent pour financer leur entretien, qui --loyer du refuge compris-- s'élève à 5.000 euros par mois.

Troisième éleveur d'ovins au sein de l'Union européenne, la Roumanie a exporté ces deux dernières années deux millions de bêtes, notamment vers la Jordanie, la Libye et le Liban. 

Les associations de défense des animaux avaient déjà dénoncé les conditions de ces traversées, notamment durant les fortes chaleurs estivales.

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