Ils pensaient être figurants, ils se retrouvent dans une vraie manifestation de soutien à Huawei

Chargement en cours
Des manifestants devant le tribunal de Vancouver en soutien à la directrice financière de Huawei, le 20 janvier 2020 au Canada
Des manifestants devant le tribunal de Vancouver en soutien à la directrice financière de Huawei, le 20 janvier 2020 au Canada
1/2
© AFP, Alia DHARSSI

, publié le jeudi 23 janvier 2020 à 09h09

Des personnes qui pensaient avoir été embauchées comme figurants sur le tournage d'un film se sont retrouvées au milieu d'une véritable manifestation de soutien à la directrice financière du géant chinois de l'équipement télécoms Huawei à Vancouver (Canada), ont-elles raconté aux médias.

Une douzaine d'hommes et de femmes tenaient des pancartes à l'extérieur d'un tribunal lundi pour soutenir Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, qui contestait sa procédure d'extradition vers les Etats-Unis.

"Libérez Meng, Justice équitable!", pouvait-on lire sur une pancarte. "Trump arrête de nous harceler", clamait une autre. 

Le groupe Huawei a indiqué n'avoir "aucun rapport avec les manifestants" et n'être "pas informé" du nom des organisateurs de la manifestation.

Ces manifestants avaient refusé de parler à l'AFP. Mais certains ont été retrouvés par des journalistes canadiens et ont expliqué qu'il avaient été payés entre 100 et 150 dollars canadiens (69 et 103 euros) pour deux heures sur ce qu'ils pensaient être un plateau de tournage. Ils avaient été approchés sur Facebook ou par des connaissances.

"Une reporter de CBC nous a approchés, moi et mon ami, et elle a commencé à nous interviewer. Et c'est à ce moment-là, avec ses questions, que j'ai commencé à me rendre compte: OK, si c'est du travail de figurant, ils n'auraient pas besoin de détail sur les figurants", a raconté une manifestant, Julia Hackstaff, à la chaîne publique CBC.

Quand d'autres journalistes l'ont interrogée, elle a dit avoir compris qu'elle avait été bernée: "J'ai commencé à réaliser que personne n'avait dit: action!".

Une autre manifestante, Ken Bonson, a fait un récit semblable au Toronto Star: "Honnêtement j'ai plutôt honte et je suis gênée", a-t-elle rapporté, expliquant qu'elle n'avait jamais entendu parler de l'affaire de l'arrestation au Canada de Mme Meng.

Une question restait sans réponse: qui a embauché ces "figurants".

L'ambassade de Chine à Ottawa n'avait pas répondu aux sollicitations de l'AFP mercredi.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.