Il accuse Renault de lui avoir vendu une voiture qui démarre toute seule

Il accuse Renault de lui avoir vendu une voiture qui démarre toute seule
Un conducteur assure que sa voiture a démarré toute seule sur un parking de La Plagne (Savoie) en juillet 2015.

Orange avec AFP, publié le jeudi 12 avril 2018 à 21h15

JUSTICE - Le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a examiné ce jeudi 12 avril la demande d'un conducteur qui accuse Renault de lui avoir vendu une voiture avec un "vice caché". L'homme dit avoir vu son Espace V redémarrer tout seul alors que sa fille était toujours à l'intérieur.

Le 13 juillet 2015, François Jarrige vient de garer sa Renault Espace V à La Plagne (Savoie) quand soudain, alors qu'il en est sorti, sa voiture "redémarre".

Sa fille de 8 ans est restée à l'intérieur et le véhicule dévale une pente, traverse un autre parking en contrebas avant de s'immobiliser sur un talus. L'airbag a fonctionné, la jeune fille est indemne mais choquée.

Aucun dysfonctionnement selon Renault

"Mon client était descendu avec la carte-clé" de sa voiture, une automatique, a rappelé son avocat Me Jean-Paul Carminati pour qui "deux vices se sont cumulés : le lâchage du frein automatique (à main) et un enclenchement du moteur". Selon une expertise diligentée par Renault, aucun dysfonctionnement ne s'est produit : "Monsieur Jarrige n'avait pas stoppé son véhicule" en appuyant sur le bouton arrêt "quand il en est sorti", a assuré à l'audience l'avocat du constructeur automobile, Me Carlos Rodriguez.

"C'est un rapport constructeur, il n'a aucune homologation", a contesté Me Jean-Paul Carminati, préférant souligner les quelques témoignages récoltés auprès d'autres utilisateurs d'Espace V à qui la même mésaventure est arrivée. Autre point soulevé par l'avocat : les quatre lettres de rappel envoyées à François Jarrige par Renault en un an et demi. Une première lettre est notamment arrivée un mois après l'achat, lui demandant de retourner la voiture pour réparation en raison d'une "anomalie", "susceptible de mettre en cause (sa) sécurité", sans plus de détail. 

La voiture était donc renvoyée pour examen puis retournée à son acheteur mais l'incident se produisait tout de même 20 jours plus tard. "Le constructeur n'a fait que remplir son obligation de prudence", a rétorqué Me Carlos Rodriguez à l'évocation de ces lettres.  Ce dernier a également listé le nombre d'actions nécessaires au démarrage du moteur : appuyer sur le frein, glisser la carte-clé dans la fente, appuyer sur démarrer et mettre la boite de vitesse sur position Drive. "Cela fait beaucoup de mouvements qui auraient été enclenchés par un 'bug' informatique", a-t-il estimé.

Il a en outre souligné l'absence de contre-expertise pour appuyer la thèse de François Jarrige. "C'est curieux de venir sur un incident et de ne pas venir avec des éléments techniques", a-t-il expliqué. La décision a été mise en délibéré au 21 juin.

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