En Birmanie, un temple bouddhiste transformé en havre pour pythons

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Un moine caresse un serpent, dans le temple de Baungdawgyoke, près de Rangoun, le 9 septembre 2018 en Birmanie
Un moine caresse un serpent, dans le temple de Baungdawgyoke, près de Rangoun, le 9 septembre 2018 en Birmanie
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© AFP, Ye Aung THU

AFP, publié le jeudi 18 octobre 2018 à 14h12

Si dans d'autres religions comme le christianisme le serpent est assimilé au mal, en Birmanie, un temple bouddhiste leur est dédié, et les fidèles se pressent pour prier des pythons en liberté d'exaucer leurs vœux.

"Certains des serpents sont donnés par des fidèles, d'autres sont venus d'eux mêmes depuis la forêt ou sont nés ici", explique Sandar Thiri, une religieuse du temple de Baungdawgyoke, dans la banlieue de Rangoun, plus connu sous le nom de "temple aux serpents".

Ce temple entouré par un lac, où les fidèles arrivent par un pont de bois, héberge plusieurs dizaines de pythons depuis un peu plus de dix ans, quand selon la légende, deux premiers serpents ont décidé d'y élire domicile.

D'autres temples en province, à Bago et Mandalay, hébergent quelques serpents, mais celui-ci est le plus important. 

Depuis, ils sont partout: l'un rampe sur l'arbre de bouddha posé au milieu de la salle de prière, deux autres sont endormis dans le cadre d'une fenêtre ouverte, d'autres encore, posés au pied d'un moine, se laissent docilement poser des billets de 1.000 kyats (0,5 euro) sur le dos par les fidèles.

Le "naga", animal mythique de l'hindouisme (qui veut dire "serpent" en sanskrit), est une figure clef des temples en Asie du Sud-Est, où références bouddhistes, hindouistes et animistes se mêlent.

Les nagas, gardiens des richesses du monde souterrain, sont souvent représentés, taillés dans la pierre, à l'entrée des temples. Et pour accéder à ceux construits sur des collines, le visiteur se retrouve souvent à monter le long d'un escalier dont la rambarde a la forme de corps du fameux serpent naga.

Mais si habituellement le serpent est représenté sous forme de statue ou de peinture, en Birmanie, les habitants viennent prier leurs incarnations vivantes.

"Je suis venu ici car je sens que j'ai une connexion avec les serpents", explique Kyi Kyi Win, fidèle de 54 ans venu prier les serpents.

D'autres comme Nay Myo Thu, agriculteur de 30 ans, est venu déposer un serpent découvert dans ses champs.

"Je ne veux pas m'attirer le mauvais oeil en tuant une créature. Attraper les serpents et les donner me porte au contraire chance", explique-t-il.

Une fois sur place, les pythons deviennent eux-mêmes végétariens et ne chassent plus de proies, assure la religieuse Sandar Thiri.

"Ils ne mangent plus de viande ni de poisson, même quand les fidèles en déposent devant eux", dit-elle.

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