A Gaza, avoir une jambe en moins n'empêche pas de jouer au football

A Gaza, avoir une jambe en moins n'empêche pas de jouer au football
Des joueurs palestiniens s'affrontent lors de la finale d'un championnat local de football opposant des unijambistes dans la ville de Gaza, le 18 mars 2021

, publié le vendredi 19 mars 2021 à 17h03

A l'aide de ses béquilles, Mohammed Abou Bayad court aussi vite que possible, frappe dans le ballon et... but! Il marque le premier point d'un match de football à Gaza entre Palestiniens amputés d'une jambe à la suite de tirs israéliens.

Après une interruption de quelques mois en raison de la pandémie de coronavirus, le tournoi de football entre quatre clubs de football a repris, avec pour point d'orgue la grande finale organisée jeudi par la Croix-Rouge et l'association palestinienne de football notamment.

"Je jouais au football avant d'être blessé et que ma vie change, mais j'étais déterminé à continuer", raconte Mohammed Abou Bayad, dans un stade à l'ouest de la ville de Gaza.

Ce jeune a été blessé par l'armée israélienne lors de la dernière guerre ayant opposé en 2014 Israël au mouvement islamiste armé Hamas, au pouvoir à Gaza.

D'après les Nations unies, quelque 8.000 autres Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens lors des manifestations de la "grande marche du retour".

Pendant plusieurs mois à partir de mars 2018, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés le long de la barrière entre la bande de Gaza et Israël, lourdement gardée par l'armée israélienne, pour réclamer la levée du blocus israélien qui pèse sur l'enclave depuis plus de dix ans.

Ils réclamaient aussi le droit des Palestiniens à retourner sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948.

Ahmed Abou Nar a perdu sa jambe gauche lors de ces manifestations. 

"Ca a été très difficile quand j'ai été blessé, mais jouer au football me rend heureux et m'aide psychologiquement et physiquement", dit celui qui, maillot bleu sur le dos, a également marqué un but pour son équipe.

Mohammad Abou Samra, un de ses coéquipiers, renchérit: "Mon intérêt pour le football s'est renforcé après ma blessure parce que je voulais me mettre au défi et prouver à l'ennemi israélien que nous ne nous rendrons pas".

Pour Hisham Muhanna, un porte-parole de la Croix-Rouge, ces "héros", "victimes de conflits armés", transmettent un message: qu'il est possible de surmonter les obstacles liés au handicap.

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