"Vitesse" et "risques", mots d'ordre de la Nasa pour le retour sur la Lune

"Vitesse" et "risques", mots d'ordre de la Nasa pour le retour sur la Lune
Jim Bridenstine, le patron de l'agence spatiale américaine Nasa, à Washington, le 29 novembre 2018
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AFP, publié le jeudi 14 février 2019 à 21h12

Le patron de l'agence spatiale américaine, Jim Bridenstine, a voulu faire passer un message jeudi lors d'une rencontre avec la presse: la Nasa appuie sur l'accélérateur pour un retour rapide sur la Lune, grâce au secteur privé, objectif fixé par Donald Trump.

"Il est important de retourner sur la Lune le plus vite possible", a dit Jim Bridenstine depuis le siège de la Nasa à Washington.

Pour les astronautes, le plan est un retour en 2028.

Avant cela, la Nasa veut faire alunir un engin à vide (un atterrisseur, dans le jargon) en 2024, et elle vient de lancer un appel d'offres au secteur privé, dont les réponses doivent être renvoyées avant le 25 mars, pour une première sélection en mai, un calendrier serré pour une agence dont l'histoire est pleine de projets ayant pris des années de retard et ayant dépassé leur budget de plusieurs milliards.

"Cette fois-ci, lorsque nous retournerons sur la Lune, nous y resterons", a poursuivi l'administrateur de la Nasa. "Nous n'allons pas laisser des drapeaux et des traces de pas, rentrer à la maison et ne plus y retourner pendant 50 ans".

"On pourra faire des aller-retour avec des humains", a-t-il dit, répétant que la politique officielle des Etats-Unis, depuis la signature d'une directive spatiale par le président Donald Trump en décembre 2017, était le retour sur la Lune (avant Mars, peut-être dans la décennie 2030).

La Nasa a prévu d'assembler en orbite lunaire une petite station (Gateway), d'ici 2026, qui servira de point d'étape pour les voyages Terre-Lune, mais qui ne sera pas conçue pour une présence permanente comme c'est le cas aujourd'hui de la Station spatiale internationale en orbite terrestre.

Comme pour l'ISS, la Nasa voudrait que d'autres pays participent, en proposant n'importe lequel des éléments de "l'architecture" envisagée: des modules de la future station lunaire, mais aussi les véhicules qui serviront à descendre sur la surface lunaire, ou à remonter vers la station.

"Nous voulons faire jouer la concurrence entre les fournisseurs sur le coût et l'innovation", a dit Jim Bridenstine.

Avant ce programme humain, la Nasa appuie également sur l'accélérateur pour envoyer peut-être avant la fin 2019 ou en 2020 des instruments scientifiques et outils technologiques sur la Lune, avec là encore un appel d'offres éclair pour fabriquer ces instruments, et les lancer à bord de fusées.

Pour que les lanceurs privés se mobilisent rapidement, la Nasa, peu connue pour sa culture du risque, va offrir des incitations financières.

"Pour nous la vitesse est importante", a dit Thomas Zurbuchen, le chef des activités scientifiques. "Nous ne nous attendons pas à ce que tous les lancements ou tous les atterrissages soient réussis. Nous prenons des risques".

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