Tournoi de jeux vidéo à Poitiers : la ville mise gros sur l'e-sport

Tournoi de jeux vidéo à Poitiers : la ville mise gros sur l'e-sport

Poitiers (Vienne), vendredi 30 mars. Kevin Lamaud, manageur de l'équipe Orks, Alexandre Largeaud et Alexandre Duvignac (de gauche à droite), défendront les couleurs de la communauté poitevine lors de la 19e Gamers Assembly ...

Le Parisien, publié le samedi 31 mars 2018 à 15h01

La ville accueille jusqu'au 2 avril la Gamers Assembly, tournoi réputé de jeux vidéo. L'agglomération mise gros sur l'e-sport et sponsorise une équipe, un engagement inédit.

Dix-sept tournois professionnels et un «cash price» de plusieurs dizaines de milliers d'euros, 2 000 joueurs et près de 25 000 visiteurs attendus : la 19e édition de la Gamers Assembly se déroule jusqu'à lundi à Poitiers (Vienne).

Rendez-vous historique et incontournable du jeu vidéo, cette «lan party» reste l'une des plus populaires de France. Cet engouement pour l'e-sport -- le sport électronique, une discipline pressentie aux Jeux olympiques n'a pas échappé à la communauté urbaine de Grand Poitiers. Son président et maire PS de Poitiers, Alain Claeys, veut miser sur cette filière, associée à une croissance exponentielle. «Nous souhaitons créer une politique autour de l'e-sport, en faire un élément d'attractivité du Grand Poitiers », confirme l'élu. Et les motivations ne manquent pas : le marché vidéoludique français a dégagé un chiffre d'affaires de 4,3 Mds€ en 2017, en hausse de 18 % en un an.

Bientôt la création d'une filière éducative ?Face à cette dynamique, Alain Claeys parie ainsi sur «l'audace» de Grand Poitiers appelé à «devenir un acteur majeur de l'e-sport». La collectivité poitevine est ainsi à l'origine d'un partenariat totalement inédit : le sponsoring d'une équipe d'e-sport, les Orks, désormais engagée sous la bannière de Grand Poitiers. Cette association, forte de 330 joueurs, s'est engagée pour trois ans avec l'agglomération. En échange de subventions et, bientôt, de salles d'entraînement, les Orks devront arborer ses couleurs et défendre son nom dans toutes les compétitions à travers le monde.

Membres des Orks, Alexandre Duvignac et Alexandre Largeaud s'enthousiasment pour cette première reconnaissance : «Ça prouve que l'on est investi, qu'on a envie d'évoluer.» Manageur général de l'équipe, Kevin Lamaud confirme : «C'est un premier pas, une innovation. Et c'est très sérieux !» Tous évolueront ce week-end, et pour la première fois, sous l'étendard de Grand Poitiers, face au public. «Ça stresse un peu», souffle Alexandre Largeaud, qui joue à Overwatch, l'un des jeux vidéo les plus disputés au monde.

Pour Grand Poitiers, ce «choix stratégique » devrait en appeler d'autres. Vendredi se tenait le premier Poitiers E-sports Meetings, un forum d'affaires où 150 éditeurs de jeu, investisseurs et autres fabricants ont planché sur l'avenir du secteur. Autre piste à l'étude : la création d'une filière d'entraînement pour les gameurs.

Habitué à former les sportifs de haut niveau, le Centre de ressources, d'expertise et de performance sportives de Poitiers lancera cet automne une première session pour les champions de sport électronique. «C'est un pari, un droit à l'expérimentation en phase avec la volonté de développer ici l'e-sport», détaille Patrice Behague, son directeur, qui entend bien « être en prise avec la société ».

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