Robots armés et drone kamikaze en vedette à Eurosatory

Robots armés et drone kamikaze en vedette à Eurosatory
Le marché des robots armés atteindra les 10 milliards de dollars d'ici à 2021.
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leparisien.fr, publié le mardi 12 juin 2018 à 21h55

Le salon militaire Eurosatory qui a ouvert ses portes lundi a confirmé l'engouement pour les machines qui ont vocation à remplacer l'homme sur le champ de bataille ou assurer la sécurité.

Ses détracteurs qualifient le salon Eurosatory à Villepinte (Seine-Saint-Denis) de « supermarché de la mort ». Les gradés de quasiment toutes les armées du monde y viennent en effet tous les deux ans faire leur shopping afin d'équiper leurs troupes et dépenser de faramineux budgets militaires.

Au delà de la polémique aussi vieille que cet événement, ce salon réservé aux professionnels assure le rôle de vitrine des technologies militaires qui auront une application civile, et peut-être plus respectable aux yeux de certains, dans un cycle de 5 à 10 ans.

Il permet également de faire un état des lieux de l'évolution des dispositifs militaires qui ont pour objectif de réduire le coût humain des conflits. C'est le cas de la nouvelle génération de drones militaires ou de robots pilotés à distance.

Selon une étude du cabinet spécialisé WinterGreen Research, le marché des robots armés (drones inclus) pourrait dépasser les 10 milliards de dollars (8,65 Mds€) dès 2021.

Revue d'effectif des nouveaux engins dévoilés lors de cette édition 2018.

Un robot armé Made in France /

En léger retard par rapport à des nations comme la Russie, la Chine ou les Etats-Unis, l'armée de Terre va mettre en action des robots armés d'ici quelques années. Le fabricant Nexter Robotics a dévoilé lors du salon son robot Optio X20 équipé d'un canon téléopéré de 20 mm. Basé sur le robot terrestre THeMIS de l'Estonien Milrem Robotics (voir plus bas), cet engin à chenille pèse 1 t et évolue « avec toujours un humain dans la boucle » précise un membre de la délégation de Nexter qui réfute le terme de robot tueur et lui préfère « robot avec tourelle ».

C'est le sens de la doctrine française qui refuse toute autonomie aux robots dans la prise de décision de tir.

Impossible de connaître son prix, même au catalogue, ni les commandes déjà enregistrées sur ce modèle de 2018.

Le THeMIS, une plateforme pour les robots européens /

Les Estoniens de MILREM Robotics ont développé le THeMIS, un robot sur chenille tout-terrain sur lequel il est facile de monter une tourelle de tir et un système d'optronique. Outre Nexter et son Optio X20, le fabricant d'armes belge FN Herstal a d'ailleurs fait une démonstration de son canon déclenché à distance par un opérateur et sa télécommande. Ce genre de système est destiné aux interventions en milieu urbain afin de limiter les risques pour les soldats. Et le principe plaît aux armées.

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D'autres fabricants comme les Serbes de Yugoimport vont encore plus loin en intégrant, en plus d'une mitraillette, un lance-grenade sur une espèce de mini-tank télécommandé. Assez lent (7km/h), il ne dispose que d'une autonomie limitée à 1 heure.

Jack, le robot de surveillance autonome /

En phase de commercialisation, ce robot à quatre roues de TBC France joue les vigiles de sécurité sur des sites sensibles. Fabriqué à Aix-en-Provence, Jack est un robot de surveillance autonome. Il effectue des rondes sur environ 50 km tout en transmettant en temps réel ses images avec une vision infrarouge à 360°. Il embarque de l'intelligence artificielle afin d'apprendre son parcours, intégrer des obstacles sur sa route et répondre à une situation comme une intrusion. Il roule jusqu'à 18 km/h en intervention.

Un nouveau drone kamikaze /

Baptisé Rotem 1200, ce mini drone israélien à décollage vertical préfigure peut-être les guerres où les UAV (véhicules aériens sans pilote) ne seront plus chargés de tirer sur une cible mais plutôt de fondre sur elle. Cet engin de 5,8 kg du fabricant IAI est équipé d'une caméra et de capteurs mais aussi de deux grenades.

L'Harop, un autre drone israélien s'écrase et explose sur les défenses anti-aériennes. Le Rotem lui s'infiltre dans les bâtiments jusqu'à 10 km de distance pour repérer et frapper sa cible de près.

VIDEO. Les robots et les drones, stars du salon Eurosatory

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