Publicité: Londres enquête sur les propositions de Google pour remplacer les cookies

Publicité: Londres enquête sur les propositions de Google pour remplacer les cookies
Google a annoncé début 2020 se donner deux ans pour éliminer les cookies tiers de son navigateur, leader sur le marché

, publié le vendredi 08 janvier 2021 à 23h02

Le gendarme britannique de la concurrence a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête contre Google, craignant que des changements prévus sur son navigateur Chrome renforce sa domination dans les publicités en ligne.

Google a annoncé début 2020 se donner deux ans pour éliminer les cookies tiers de son navigateur, leader sur le marché.

Géant de la publicité en ligne, Google compte utiliser ce sursis pour développer et proposer aux annonceurs son programme "Privacy sandbox"

Or les cookies, des modules électroniques d'identification qui pistent les internautes, sont certes dénoncés par les militants de la protection de la vie privée mais "jouent un rôle fondamental dans la publicité en ligne", note dans un communiqué l'autorité de la concurrence, la CMA (Competition and Markets Authority).

Ils aident les entreprises à cibler leurs publicités de manière efficace et par conséquent à financer les contenus en ligne gratuits en particulier pour les titres de presse.

Google voudrait permettre aux annonceurs de cibler et mesurer les campagnes de publicités sans recourir aux cookies, mais reste encore flou sur la manière d'y parvenir, ce qui pourrait conduire à une mainmise encore plus grande du groupe américain sur le marché.

"Le projet Privacy Sandbox de Google aura potentiellement un impact très important sur des entreprises d'édition comme les titres de presse, et sur le marché de la publicité en ligne", souligne Andrea Coscelli, directeur général de la CMA.

L'argument défendu par Google, quand il a dévoilé ses propositions il y a un an, était de renforcer la défense de la vie privée.

Le géant américain s'est engagé à lancer des consultations avant de procéder à d'éventuels changements en 2022 comme il l'a prévu.

"Créer un internet plus privé tout en encourageant les éditeurs et les annonceurs qui défendent un internet libre et ouvert nécessite des changements majeurs dans le secteur sur la manière dont fonctionne la publicité en ligne", estime un porte-parole de Google, précisant accueillir favorablement l'annonce de la CMA.

Cette dernière précise avoir l'esprit ouvert et ne pas encore avoir de position à ce stade sur un éventuel manquement aux lois sur la concurrence.

Elle continue de travailler avec Google tant que le projet est en développement.

Les possibles changements dans la publicité en ligne interviennent alors que Google est régulièrement accusé par la presse de tirer profit de ses contenus sans partager les revenus.

Pour pallier ce problème, l'UE a instauré en 2019 un "droit voisin" qui prévoit la rémunération des éditeurs de presse.

Après avoir rechigné, Google a signé en novembre des accords avec des journaux français pour rémunérer l'utilisation de leurs contenus, une première mondiale.

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