Pour Mark Zuckerberg, une régulation d'internet est «inévitable»

Pour Mark Zuckerberg, une régulation d'internet est «inévitable»

Zuckerberg a affronté pendant cinq heures les questions des membres d'une commission de la Chambre des représentants.

leparisien.fr, publié le mercredi 11 avril 2018 à 23h19

Le patron de Facebook a une nouvelle fois dû s'expliquer devant les élus du Congrès ce mercredi, pendant plusieurs heures.

Zuckerberg face au Congrès, acte II. Au lendemain de son audition devant les sénateurs, Mark Zuckerberg a cette fois défendu devant les élus de la Chambre des représentants le modèle économique de Facebook, empêtré dans un scandale de manipulation et de détournement de données personnelles, tout en affirmant qu'il n'était pas hostile à une régulation de l'internet, l'estimant «inévitable».

«L'importance de l'internet grandit dans le monde et je pense inévitable une certaine forme de régulation», a-t-il dit, tout en affirmant que celle-ci devait être «étudiée attentivement» pour ne pas entraver les petites sociétés.

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Mark Zuckerberg a dû affronter pendant près de cinq heures le flot de questions des membres d'une commission de la Chambre des représentants particulièrement remontés. Citant les excuses successives faites par le jeune PDG ces dernières années, la démocrate Jan Schakowsky a lancé : «cela me prouve que l'auto-régulation ne marche pas».

«La seule façon de résoudre ce problème de confiance est à travers une législation qui crée et donne les moyens à une agence extérieure suffisamment équipée, dotée d'une autorité législative, de protéger la vie privée numérique et d'assurer que les entreprises protègent les données de nos utilisateurs», a renchéri le démocrate Mike Doyle.

Pour Zuckerberg, les utilisateurs sont responsables des contenusAuparavant, Mark Zuckerberg avait assuré que les 2,2 milliards d'utilisateurs de Facebook étaient responsables des contenus qu'ils postaient. «Chaque fois que quelqu'un choisit de partager quelque chose sur Facebook, il le fait en allant sur le service et en choisissant de partager une photo ou écrire un message. A chaque fois, il y a un contrôle», a-t-il assuré.

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Le milliardaire de 33 ans, qui a déjà passé cinq heures la veille à répondre aux questions des sénateurs, a toutefois admis avoir échoué à suffisamment protéger la vie privée des utilisateurs, annonçant des mesures de contrôles supplémentaires. «Je suis tout à fait engagé à prendre une plus grande part de responsabilité [...] pour assurer que nous ne donnons pas simplement des outils aux gens mais qu'ils sont utilisés à bon escient», a-t-il affirmé.

Après avoir admis que son réseau avait été «lent» à identifier les achats de publicité politique venus de Russie pendant la campagne électorale, il a assuré que Facebook faisait «de mieux en mieux» pour supprimer les faux comptes.

Le procureur spécial Robert Mueller enquête depuis mai 2017 sur une possible collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des responsables russes pour influencer le scrutin. Il estime qu'internet et en particulier Facebook a servi de plateforme à une vaste opération de propagande pour favoriser la victoire du magnat de l'immobilier.

Zuckerberg salue une nouvelle fois le RGPDDénonçant un «désastre», l'élu Frank Pallone avait affirmé en début d'audition que le Congrès devait «prendre des mesures immédiates pour protéger notre démocratie». «Les avertissements étaient partout, pourquoi personne ne les a vus ?», a-t-il demandé.

Mais Mark Zuckerberg a évité de répondre directement à la question d'une élue qui lui demandait s'il était prêt à changer le modèle économique de Facebook, actuellement un réseau social gratuit financé par la publicité, «dans l'intérêt de la protection de la vie privée». «Je ne suis pas sûr de ce que cela veut dire», a-t-il commenté.

Il a également salué la prochaine entrée en vigueur, le 25 mai, du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles, appelé «RGPD». «Le RGPD en général va être un pas très positif pour l'internet», a-t-il dit, expliquant que «les gens comprendront quels sont les contrôles et ils devront consentir» au recueil de leurs données. Il a affirmé que Facebook tenterait d'offrir la même protection aux utilisateurs du monde entier «aussi vite que possible».

Il avait déjà fait la veille devant le Sénat des commentaires similaires sur le RGPD qui lui ont valu mercredi les remerciements ironiques de Vera Jourova, la commissaire à la Justice et à la Protection des consommateurs : «Je cherchais comment faire campagne pour notre règlement sur la protection des données. Voilà, c'est fait».

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