"Malaise" à Paris Match, dans le sillage de l'affaire Mimi Marchand

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La patronne de l'agence BestImage, Mimi Marchand, en avril 2017 au Touquet
La patronne de l'agence BestImage, Mimi Marchand, en avril 2017 au Touquet
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© AFP, Eric Feferberg

publié le mercredi 23 juin 2021 à 12h32

Un "profond malaise" règne au sein de la rédaction de Paris Match depuis la mise en examen de la figure de la presse people "Mimi" Marchand, en lien avec une interview de l'homme d'affaires Ziad Takkiedine publiée dans le journal, selon un courrier adressé à sa direction.

Révélé par des journalistes des Jours, le texte est signé de la société des journalistes (SDJ) de l'hebdomadaire et des syndicats SNME-CFDT, CGT, SNJ et FO. Il a été approuvé par 76 journalistes parmi 83 votants et envoyé le 18 juin, a précisé à l'AFP une journaliste de Paris Match qui a souhaité rester anonyme. 

Les signataires y expriment "leur profond malaise" depuis la garde à vue début juin de leur collègue, le journaliste François de Labarre, et la mise en examen de Michèle Marchand (dite "Mimi" Marchand), la patronne de l'agence BestImage, pour "subornation de témoin" et "association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée", dans un volet de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.

La justice s'intéresse à l'organisation au Liban d'une interview publiée en novembre 2020 où Ziad Takieddine revenait sur ses accusations concernant l'argent qu'aurait reçu Nicolas Sarkozy du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Reprochant à la direction de ne pas s'être "expliquée" auprès "de l'ensemble de la rédaction", ses signataires craignent pour la "crédibilité" de leur titre.

Ils regrettent aussi que la garde à vue de leur collègue ait fait l'objet d'un éditorial, en juin, dépourvu de "contextualisation" et qui passe "sous silence" la mise en examen de Mme Marchand.

Cette dernière a été placée vendredi en détention provisoire pour avoir violé son contrôle judiciaire, qui prévoyait une interdiction de contact avec plusieurs personnes, dont Nicolas Sarkozy, l'avocat de ce dernier, Thierry Herzog, et le directeur de la rédaction du JDD et de Paris Match, Hervé Gattegno. 

Les signataires se disent également "troublés par le parti pris de (leur) journal concernant Nicolas Sarkozy", après s'être désolidarisés en mars d'un édito qualifiant la condamnation de l'ancien président dans une autre affaire, celle des "écoutes", de "peine infamante". D'autant plus que Nicolas Sarkozy devrait entrer fin juin au conseil d'administration du groupe Lagardère, propriétaire de Paris Match et du JDD, ajoutent-ils.

Dans une déclaration à l'AFP mardi soir, Hervé Gattegno a assuré qu'il n'y avait "pas de censure à Paris Match" sur les affaires visant Nicolas Sarkozy.

"S'agissant des éditoriaux (...) c'est l'honneur d'un journal, je crois, de défendre des valeurs", a-t-il ajouté.

La lettre évoque aussi plus largement un "climat délétère", recensant une vingtaine de départs depuis fin 2019, auxquels s'ajoute celui de l'ancien directeur adjoint de la rédaction, Régis Le Sommier, après plus de 25 ans de maison, annoncé mardi. 

Pour Hervé Gattegno, le texte est une "présentation biaisée et catastrophiste", qui "mêle le vrai et le faux" dans "un but évident de déstabilisation".

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