Les véhicules autonomes, une révolution pour les villes?

Les véhicules autonomes, une révolution pour les villes?
Intérieur d'une voiture autonome testée le 26 juin 2018 près de Rouen
A lire aussi

AFP, publié le mardi 26 juin 2018 à 18h22

Testées pour l'instant pour de courts trajets de rabattement vers un parking ou une station de métro, en complément des transports en commun traditionnels, les navettes autonomes pourraient les remplacer à l'avenir, selon certaines études.

Un document officiel du gouvernement canadien décrit ainsi une ville du futur dans laquelle des circuits de navettes ou des taxis automatisés, individuels ou collectifs, se substitueraient aux bus. 

Algorithmes et analyses prédictives permettraient de rationaliser les déplacements, en proposant des circuits adaptés aux besoins des uns et des autres, grâce à ces navettes et robots-taxis --évidemment électriques et silencieux-- tournant sans cesse aux alentours. 

Les citadins, du coup, se débarrasseraient de leur voiture. L'idée a du sens, vu que lesdites voitures restent garées 96% du temps et que ces taxis seraient  bien moins chers qu'actuellement en l'absence de chauffeur.

"Selon une simulation, le déploiement de services de taxis autonomes combinés à des systèmes de transport collectif pourrait éliminer jusqu'à 90% des véhicules utilisés et réduire la durée moyenne des déplacements de 10%", relève le document "Canada 2030", citant notamment des travaux de l'OCDE.

"Dans les petites villes et les villes de taille moyenne, ce mode de transport pourrait même remplacer tout le système de transport en commun", tandis qu'il faudra regarder à deux fois dans les grandes agglomérations avant d'investir dans de nouvelles lignes de métro ou de tramway qui pourraient s'avérer surdimensionnées, avance-t-il.

Réaménagée, la navette autonome deviendrait café, buvette, salon, cinéma, bureau, salle de sieste, local commercial... Elle pourrait aussi devenir estafette aux heures creuses pour livrer denrées et médicaments.

Conséquence: on pourrait imaginer une autre ville, en reconquérant tout ou partie de l'espace urbain actuellement dévolu à la voiture. 

"Désertés, certains parkings pourraient être convertis en stations de recharge ou aires de dépose pour taxis aériens", s'enhardit même Missions Publiques, un cabinet de conseil qui a récemment organisé un débat citoyen sur les véhicules autonomes.

En Amérique du Nord, de tels scénarios font autant frémir que rêver, vu que les villes tirent une bonne partie de leurs revenus des taxes sur l'essence, des parkings et des amendes. En France, la baisse des recettes fiscales liées aux carburants entraînée par une généralisation des véhicules autonomes représenterait "une perte équivalente à 3% du PIB, qu'il faudrait compenser", remarque José Viegas, ancien secrétaire général du Forum international des transports (ITF) de l'OCDE.

Pour les villes, il faudra aussi réussir la transition vers de tels modes de transports en incitant les gens à voyager ensemble, faute de quoi on risque d'avoir d'inextricables embouteillages de navettes autonomes. Il faudra aussi assurer l'alimentation électrique du système.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU