Les États-Unis à la traîne en intelligence artificielle

Les États-Unis à la traîne en intelligence artificielle
Le robot Bocco Emo au Consumer Electronics Show (CES) 2020 à Las Vegas dans le Nevada, le 5 janvier 2020

, publié le mardi 02 mars 2021 à 21h34

Les États-Unis risquent d'être distancés, notamment par la Chine, dans les technologies d'intelligence artificielle (IA), cruciales pour l'avenir du pays aussi bien en termes de sécurité que d'économie, alerte une commission dont font partie un ancien dirigeant de Google et le futur patron d'Amazon.

"L'Amérique n'est pas prête à se défendre ou à être compétitive à l'ère de l'IA", déclare la commission de sécurité nationale sur l'IA dans un rapport qui appelle le gouvernement à investir "un acompte modeste pour de futures percées", soit un minimum de 40 milliards de dollars en recherche et développement.

Ce type de technologies, fondées sur l'exploitation à grande échelle des données par des machines, constitue "l'outil le plus puissant qui puisse bénéficier à l'humanité depuis des générations", selon la lettre d'ouverture du président de la commission, Eric Schmidt, ancien PDG de Google.

Mais c'est aussi un instrument de surveillance et de destruction, rappelle-t-il. La lettre mentionne ainsi les applications militaires, comme la transformation de drones commerciaux en "armes intelligentes", une technologie à disposition des armées comme des terroristes.

La course à l'IA se joue aussi sur le terrain des valeurs, argumente la commission.

"L'utilisation de l'IA par la Chine établit un précédent effrayant pour toute personne dans le monde qui tient aux libertés individuelles. Cet emploi de l'IA à des fins de répression et de surveillance - à l'intérieur, et, de plus en plus, à l'extérieur du pays -  est un contrepoint puissant à la façon dont nous estimons que l'IA devrait être utilisée", indique Eric Schmidt.

La commission est composée de 15 personnes des deux bords politiques - des experts en technologies, des universitaires, des dirigeants d'entreprises.

Dans leur rapport de quelques 750 pages, ils appellent à des investissements massifs dans la formation des individus et dans les sociétés au cœur de cette industrie, notamment pour ne plus dépendre de la Chine pour s'approvisionner en puces électroniques.

Ils se disent "frustrés par les lents progrès du gouvernement" dans l'adoption de l'IA par les institutions.

Andrew Jassy, qui dirige AWS, la branche de cloud (informatique à distance) d'Amazon, et doit devenir le directeur général du géant des technologies cette année, fait aussi partie de cette commission.

L'entreprise, leader du cloud dans le monde, est engagée dans une compétition féroce contre Microsoft, le numéro deux, en rapport notamment avec un mégacontrat de 10 milliards de dollars pour équiper le ministère de la Défense américain.

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