Les candidats européens se bousculent au portillon de l'espace

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Capture d'écran d'une vidéo de la Nasa montrant Thomas Pesquet lors d'une sortie dans l'espace pour installer un nouveau panneau solaire sur l'ISS, le 16 juin 2021
Capture d'écran d'une vidéo de la Nasa montrant Thomas Pesquet lors d'une sortie dans l'espace pour installer un nouveau panneau solaire sur l'ISS, le 16 juin 2021
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© AFP, Handout, NASA TV

publié le mercredi 23 juin 2021 à 18h44

L'effet Thomas Pesquet? Jamais les candidats pour devenir les futurs astronautes européens n'avaient été aussi nombreux, surtout en France, signe de l'appétit croissant pour l'espace d'une génération aussi plus féminine, appelée à s'envoler vers la Lune.

La compétition organisée par l'Agence spatiale européenne (ESA) s'annonce féroce: entre 4 et 6 aspirants seulement décrocheront, fin 2022, leur ticket pour les étoiles, sur un total de... 22.589 candidats.

Un chiffre record pour l'ESA, qui compte 22 États membres et trois États associés. Lors de sa précédente campagne de recrutement, en 2008, elle avait reçu 8.413 candidatures, dont celle du Français Thomas Pesquet.

La campagne 2021, qui vise le recrutement de profils plus divers, a attiré près de trois fois plus de monde et quatre fois plus de femmes (5.419).

"Pour la dernière sélection de la Nasa, il y avait 18.000 candidats", a relevé Claudie Haigneré, première Européenne et Française partie dans l'espace, lors d'un point presse.

"Je suis agréablement surprise par l'augmentation du nombre de candidatures féminines. Pour ma sélection en 1985, on était à 10%, on est passé à 15% en 2008, et aujourd'hui on est à 24%... C'est un progrès, qui correspond à peu près à la proportion de femmes qu'on retrouve dans les métiers de l'ingénierie en Europe", a fait valoir l'astronaute et ex-ministre de la Recherche.

"C'est extraordinaire et certainement historique", s'est réjoui le directeur général de l'ESA, Josef Aschbacher. Il voit dans cet afflux de postulants un "symbole" de l'appétit européen pour l'exploration spatiale, incarnée par les astronautes à bord de la Station spatiale internationale.

Mais au-delà de cette mission en orbite basse, à 400 km d'altitude, les nouveaux arrivants ont aussi en tête les futures missions lunaires, auxquelles l'ESA va participer dans les dix ans à venir. Et, plus tard encore, Mars.

La France arrive largement en tête des candidatures, avec 7.137 aspirants, dont 1.662 femmes. Suivent l'Allemagne (3.700 candidats), le Royaume-Uni (1.979), l'Italie (1.860) et l'Espagne (1.344).

- "Inspirer le public" -

"On voit à quel point la présence de Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale +rebondit+" sur le public, a relevé Claudie Haigneré.

En 2008, l'ESA n'avait reçu "que" 1.860 candidatures françaises. Depuis, l'astronaute a effectué deux missions en orbite, dont l'une est en cours, au fort retentissement sur Terre.

Si l'effet "astronaute national" est flagrant en France, l'engouement pour le métier se ressent aussi dans la hausse des candidats dans d'autres pays qui ont leurs "héros" de l'espace (Samantha Cristoforetti en Italie, Timothy Peak au Royaume-Uni...), analyse Jules Grandsire, en charge de la communication à l'ESA.

Plus largement, ce succès vient valider selon lui les "efforts de l'agence pour partager les missions" des astronautes via les réseaux sociaux, et "inspirer" le public.

Pour la nouvelle génération, l'agence souhaite des recrues au profil "le plus divers possible, avec des personnes qui ne rentrent pas forcément dans le moule classique des films comme +L'Étoffe des héros+", a commenté le responsable. "Nous ne pratiquons pas les quotas", a-t-il précisé.

A la fin du processus de sélection, qui comprend six étapes, l'ESA retiendra également une vingtaine d'astronautes de "réserve", ainsi qu'un astronaute avec un handicap physique pour un futur projet - une première mondiale.

L'équipe de recrutement doit désormais s'atteler à sélectionner les candidatures, pour lesquelles il est requis d'avoir moins de 50 ans, un diplôme de master scientifique ou d'ingénieur et au moins trois ans d'expérience professionnelle.

Environ 1.500 candidats seront retenus sur dossier pour passer la prochaine épreuve, des tests "psycho-techniques" (mémoire, réactivité, calcul...), prévus à Hambourg, à l'automne prochain.

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