La technique s'améliore pour greffer des organes infectés par l'hépatite C

La technique s'améliore pour greffer des organes infectés par l'hépatite C
Préparation d'un rein pour le greffer dans un hôpital à Madrid en février 2017

AFP, publié le jeudi 14 juin 2018 à 17h50

La pénurie de dons d'organes pousse les médecins à innover pour accepter les donneurs potentiels contaminés par le virus de l'hépatite C, qui sont de plus en plus nombreux aux Etats-Unis en raison de la crise des opiacés.

Dans certains hôpitaux américains, notamment à Boston, les médecins greffent déjà des organes infectés à des patients volontaires, à qui ils donnent immédiatement un traitement pour éliminer le virus.

A Toronto, une équipe de médecins a publié jeudi lors d'une conférence médicale sur les hépatites les résultats très préliminaires d'un petit essai sur dix patients, selon une autre technique développée depuis des années.

Ils placent le poumon infecté sous perfusion pendant six heures sous un dôme stérile, afin de le traiter pour éliminer le virus. Puis ils le greffent sur le patient, là encore volontaire.

Les médecins ont échoué à à complètement éliminer le virus par cette technique, comme ils l'espéraient. Mais ils en ont réduit la présence de 85%. Les patients doivent donc être traités, pendant 12 semaines, contre l'hépatite C. 

Pour le chirurgien Marcelo Cypel qui mène l'essai clinique, ces résultats initiaux sont malgré tout encourageants car ils permettent d'ores et déjà d'élargir la base de donneurs.

"Les patients qui attendent un organe ont environ 20% de risque de mourir sur la liste d'attente", dit-il à l'AFP. "La balance entre risques et avantages penche beaucoup plus du côté des avantages", dit-il.

En outre, ajoute-t-il, "ce sont généralement des organes d'excellente qualité, dont le seul problème est l'hépatite C".

L'épidémie d'overdoses par opiacés, de l'héroïne aux drogues synthétiques comme le fentanyl, fait des ravages aux Etats-Unis, notamment dans le nord-est du pays. Le nombre de morts a quintuplé de 1999 à 2016, et se montait à 42.000 morts cette année-là, un chiffre qui pourrait encore augmenter en 2017.

Aux Etats-Unis, les overdoses fournissent désormais presque autant de donneurs d'organes que les accidents de la route. L'obstacle reste que ces donneurs sont plus susceptibles d'avoir été contaminés par des infections comme le VIH et l'hépatite C, lors d'échanges de seringues.

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