La Russie prolonge le ralentissement de Twitter et met en garde Facebook et YouTube

La Russie prolonge le ralentissement de Twitter et met en garde Facebook et YouTube
Un passant regarde son portable sur la place Rouge à Moscou, le 10 mars 2021

publié le lundi 17 mai 2021 à 18h57

Les autorités russes ont affirmé lundi qu'elles allaient continuer de ralentir Twitter dans le pays, lui reprochant de n'avoir pas supprimé l'intégralité de contenus jugés illégaux et menaçant Facebook et YouTube de sanctions similaires. 

Le gendarme de l'internet russe Roskomnadzor a imposé mi-mars un ralentissement au réseau social Twitter, accusé d'avoir laissé en ligne des contenus incitant "des mineurs à se suicider", d'autres contenant "de la pédopornographie" et des informations sur "l'usage de drogues".

Roskomnadzor avait donné un mois à Twitter pour effacer ces contenus, sous peine d'un potentiel blocage complet en Russie. En avril, l'ultimatum avait été prolongé jusqu'à mi-mai. 

Dans un communiqué publié lundi, l'agence a affirmé avoir décidé pour l'heure de ne pas bloquer Twitter après avoir mené un audit montrant que la société américaine avait supprimé plus de 90% des "informations interdites".

Le ralentissement du réseau social a toutefois été maintenu sur les appareils mobiles, a indiqué Roskomnadzor.

Ce dernier a souligné que Twitter avait "exprimé sa volonté et son intérêt pour construire un dialogue constructif" et fait des "efforts" pour se conformer à la loi russe. 

"Cela étant, la levée complète des restrictions imposées à Twitter nécessite la suppression de tous les contenus illégaux identifiés", a ajouté le gendarme russe, sans préciser si le ralentissement du service prendrait fin.

Par ailleurs, Roskomnadzor a indiqué avoir identifié des contenus illégaux "sur d'autres sites dont Facebook et YouTube" et ajouté que "si ces plateformes ne prennent pas les mesures appropriées" des sanctions similaires à celles de Twitter pourraient leur être appliquées.

En Russie, la multiplication des mesures contre plusieurs réseaux sociaux suscitent l'inquiétude dans les rangs des critiques du pouvoir, qui y voient une énième tentative d'étouffer la liberté d'expression et l'opposition.

En avril, Twitter puis TikTok ont été condamnés à des amendes plus lourdes que d'habitude, de 8,9 million de roubles (99.000 euros) et 2,6 millions (29.000 euros), pour n'avoir pas supprimé des appels "incitant des mineurs" à manifester en soutien à l'opposant emprisonné Alexeï Navalny.

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