La rédaction d'Europe 1 se met en grève jusqu'à lundi

La rédaction d'Europe 1 se met en grève jusqu'à lundi
Grève des journalistes d'Europe 1 sur fond de craintes d'un rapprochement avec CNews

publié le vendredi 18 juin 2021 à 17h43

Les salariés d'Europe 1 ont décidé vendredi de se mettre en grève pour protester contre la mise à pied d'un journaliste, alors que les tensions se multiplient au sein de la station sur fond de rapprochement avec la chaîne d'informations CNews.

"Les salariés d'Europe 1 réunis en assemblée générale ce vendredi après-midi 18 juin ont décidé le principe d'une grève immédiate", ont annoncé l'intersyndicale CGT, CFTC, FO, SNJ d'Europe 1 et le bureau de la Société des rédacteurs (SDR) dans un courrier interne qu'a pu consulter l'AFP.

Ce mouvement de grève, voté à l'unanimité, "vise à obtenir de la direction d'Europe 1 l'annulation de la procédure disciplinaire engagée" contre un journaliste de la rédaction, "dernière illustration en date d'un management autoritaire et inadapté à l'oeuvre à Europe 1", expliquent les grévistes.

A l'origine de cette sanction: les propos "véhéments" mais pas "insultants" tenus par le journaliste à l'encontre d'une employée des ressources humaines lors d'une assemblée générale mercredi. Il l'a surpris "en train d'enregistrer les propos", la soupçonnant de vouloir les transmettre à la direction, a rapporté Olivier Samain, délégué syndical SNJ. 

Malgré la mobilisation en interne, la procédure disciplinaire a été maintenue, la direction invoquant ses comportements antérieurs, selon une source interrogée par l'AFP. 

"C'est une journée tristement historiquement pour Europe 1" où pour la première fois l'ensemble de la station se met grève, a déclaré à l'AFP Jean-Gabriel Bourgeois, président de la SDR.

"On espère que la direction va nous entendre et nous recevoir pour régler les choses le plus rapidement possible", a-t-il ajouté.

La suite donnée au mouvement sera décidée lors d'une nouvelle assemblée générale le 21 juin.

Cette crise éclate dans un climat tendu, au sein d'une rédaction déjà "déprimée". Par le plan de départs volontaires engagé au printemps pour supprimer une quarantaine de postes et redresser les comptes de la radio, dont les audiences peinent à remonter. 

Mais aussi par les synergies que la direction veut développer avec CNews, chaîne d'info du groupe Canal+, filiale de Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, comme elle l'a annoncé aux salariés en mai.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.