L'Obs condamné en appel pour le licenciement abusif d'Aude Lancelin, son ex-n°2

L'Obs condamné en appel pour le licenciement abusif d'Aude Lancelin, son ex-n°2
Aude Lancelin à Montreuil en Seine-Saint-Denis le 18 septembre 2018

publié le mercredi 12 mai 2021 à 20h54

L'Obs a été condamné mercredi par la Cour d'appel de Paris à verser 90.000 euros d'indemnités à son ex-directrice adjointe, Aude Lancelin, pour licenciement abusif "sans cause réelle et sérieuse", ont annoncé la journaliste et son avocate.

La Cour d'appel de Paris a ainsi "reconduit entièrement le jugement des prud'hommes" qui avait déjà condamné l'hebdomadaire en première instance en décembre 2017, selon le communiqué transmis par la journaliste à l'AFP.

Aude Lancelin avait saisi les prud'hommes il y a cinq ans, considérant que son licenciement le 25 mai 2016 était de nature politique à un an de la présidentielle.

Elle réclamait 460.000 euros à l'hebdomadaire. 

Outre l'indemnité de 90.000 euros, L'Obs devra lui verser 3.500 euros au titre du remboursement des frais de justice, dont 2.000 euros pour la procédure en appel, a précisé à l'AFP son avocate, Me Rachel Spire. 

"C'est une immense satisfaction, un soulagement" au bout de "cinq ans de combat", a déclaré à l'AFP Aude Lancelin. "Cela a énormément pesé sur ma vie, c'est le journal où j'avais commencé ma carrière (en 2000, ndlr), c'était quelque chose de vraiment déchirant, donc c'est une réparation légitime. Mais cela ne répare pas toutes les violences subies". 

"Au cours d'une affaire très médiatique, la rédaction avait voté (...) une motion de défiance à plus de 85% à l'égard de la direction ayant engagé cette procédure contre la numéro deux du journal", rappelle le communiqué. 

"La direction de L'Obs prend acte du jugement rendu" mais "se félicite que la cour reconnaisse l'absence de nullité du licenciement, sujet au cœur de l'argumentation de Madame Lancelin dans cette procédure, par l'absence de tout caractère discriminatoire dans ce dernier", a répondu l'hebdomadaire dans une déclaration transmise à l'AFP.

Après son licenciement, la journaliste, qui avait reçu de nombreux soutiens, avait réglé ses comptes dans un essai à clés et à charge, "Le monde libre", couronné du prix Renaudot essai.

Aude Lancelin, qui affiche sa proximité avec le philosophe marxiste Alain Badiou, y fustigeait pêle-mêle "la décadence" du métier de journaliste, la "police intellectuelle" et "un socialisme d'appareil à l'agonie".

Passée par la direction du Média, la webtélé lancée en 2018 par des proches de la France Insoumise, Aude Lancelin a lancé en juin 2019 le QG, une webtv militante concurrente.

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