L'homme de Néandertal, notre cousin pas si lointain, à Paris

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 Une exposition au Musée de l'Homme à Paris montre la reconstitution de l'Homme de Spy, le 26 mars 2018

Une exposition au Musée de l'Homme à Paris montre la reconstitution de l'Homme de Spy, le 26 mars 2018

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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN
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AFP, publié le mercredi 28 mars 2018 à 13h19

L'homme de Néandertal, une brute épaisse aux allures de singe? S'il a traîné longtemps une mauvaise image, la science a permis depuis quelques décennies de dresser un portrait nettement plus flatteur de notre cousin, au centre d'une grande exposition à Paris.

Apparu en Europe occidentale il y a environ 350.000 ans, Homo neanderthalensis s'est étendu vers l'est jusqu'à l'Altaï (Russie) et est allé également au Proche-Orient.

Puis il a disparu, il y a environ 35.000 ans. Pas totalement cependant dans la mesure où 1 à 4% de ses gènes se retrouvent chez les Eurasiatiques actuels, Néandertal et l'Homme moderne s'étant reproduits à certains moments de la Préhistoire.

L'exposition "Néandertal", qui ouvre ses portes au public mercredi au musée de l'Homme à Paris, fait le point sur les dernières connaissances scientifiques autour de cette espèce du genre Homo. Mais elle questionne aussi nos représentations de Néandertal depuis le 19e siècle.

Aujourd'hui, l'homme de Néandertal est clairement à la mode. "C'est devenu le top", dit Marylène Patou-Mathis, une des commissaires de l'exposition, peut-être "parce que beaucoup de gens n'aiment pas ce que l'on est devenu".

L'exposition au musée de l'Homme présente quelque 260 objets dont des fossiles originaux qui voyagent très rarement.

Les visiteurs vont ainsi pouvoir découvrir la célèbre calotte crânienne qui a donné son nom à l'espèce. Découverte en 1856 avec d'autres ossements fossiles dans la vallée allemande de Neander, elle avait fait sensation.

"C'était la première fois que l'on mettait en évidence une espèce du genre Homo différente de l'Homo sapiens. Pas facile à admettre dans une époque très religieuse où l'on pensait que l'Homme moderne avait été créé à l'image de Dieu", explique à l'AFP Pascal Depaepe, l'un des commissaires scientifiques de l'exposition. Certains préférèrent alors voir dans le fossile de Neander un Homo sapiens "dégénéré", un "crétin", tandis que d'autres le considèrent comme un "homme-singe".

Trois décennies plus tard, en 1886, on découvre les fossiles néandertaliens de la grotte de Spy en Belgique. "Les auteurs des fouilles ont compris qu'il s'agissait d'une sépulture. Et là, problème. Si c'était un être simiesque et brutal, le fait qu'il enterre ses morts lui faisait grimper une marche côté humanité", souligne Pascal Depaepe, de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

- 'Artisan hors pair' -

 

Chasseur-cueilleur nomade, Néandertal n'a pas toujours vécu durant des périodes glaciaires; il a aussi connu des périodes où le climat était tempéré.

Il possédait le savoir-faire nécessaire pour construire des abris temporaires. L'exposition reconstitue partiellement un campement de base néandertalien protégé par un abri coupe-vent circulaire.

Une dizaine d'outils sont présentés. Racloirs pour couper la viande ou tailler le bois, bifaces, éclats, pointes et lames en pierre, lissoirs pour tailler les peaux, retouchoirs en os pour redonner du tranchant...

Néandertal était un grand chasseur (bison, renne, cheval, bouquetin...). Il pratiquait également le charognage sur des animaux difficiles à tuer comme les mammouths ou les rhinocéros.

"C'était un artisan hors pair", souligne Pascal Depaepe, spécialiste des outils. "Un être sensible qui s'intéressait à la symbolique, à la beauté". Il se parait probablement avec des coquillages, des dents d'animaux perforées.

Il se livrait occasionnellement au cannibalisme, comme l'atteste l'étude d'ossements retrouvés sur des sites néandertaliens, note la préhistorienne Marylène Patou-Mathis. Ce cannibalisme était-il alimentaire ou rituel? "Probablement les deux".

L'originalité de l'exposition, qui se tient jusqu'au 7 janvier 2019, réside notamment dans sa façon de montrer les représentations de Néandertal, du 19e à aujourd'hui. On est ainsi confronté au buste inquiétant d'un Néandertalien à l'aspect simiesque, réalisé en 1909 à la demande de l'anthropologue et criminologue Cesare Lombroso.

Plus loin, un mur couvert de citations rappelle qu'aux Etats-Unis, traiter quelqu'un de "Néandertal" est encore utilisé comme une insulte.

Juste avant de partir, le visiteur croise Kinga, une jeune Néandertalienne rousse réalisée par la plasticienne Elisabeth Daynès et habillée par la styliste agnès.b. Avec son regard mutin, son cardigan pression, on s'attendrait presque à la rencontrer dans la rue.

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5 commentaires - L'homme de Néandertal, notre cousin pas si lointain, à Paris
  • Il me rappelle quelqu'un ? J'ai hâte de voir la Néandertalienne !

  • Voilà.
    Ce qui veut dire que les seuls Homo Sapiens qui sont 100% Sapiens, sont les Africains subsahariens.
    Allez dire ça aux racistes :-)

  • Nous avons tous un peu de Neandertal dans nos gènes, et heureusement, c'est ce qui nous a permis de survivre dans l'Europe plutôt froide d'il y a assez longtemps, alors on dit merci quoi ? Neandertal !!!

  • il y a des hommes, on dirait des néandertaliens, tellement leur physique est grossier....

    C'est quoi, un physique grossier?? Sachez qu'il avait un cerveau plus gros que le nôtre

    C'est totalement imbécile ce que vous dites ! L'homo sapiens, notre ancêtre direct est presque aussi "vilain" que l'homme de Néandertal !

    oui, mais avec une intelligence et un coeur gros comme ça.

    ce sont nos ancêtres alors, respect ,
    et leur intelligence était la même que les autres être humains;
    alors pourquoi parlez vous de "physique grossier"
    preuve aussi qu'il n'y as pas de "race humaine " puisque nous avons tous des gênes communs ce qui est prouvé scientifiquement ;
    et que ces premiers hommes ont vécu ensemble et ont pu s'allier;
    ils ont aussi au gré des errances se mélanger cohabiter avec l'homo sapiens sapiens;
    les néanderthaliens fabriquaient aussi des outils de pierre et de silex, et enterraient leurs morts,
    et que l'humanité à des millions d'années

  • Nous avons tous plus ou moins de gènes d'anciennes espèces...

    Et cela doit jouer plus dans les cerveaux, empathies, imagination ou pas....

    Voilà pourquoi beaucoup ne se comprennent pas ou ne voient pas les choses de la même façon !

    Vous dites n'importe quoi... Ce n'est pas "plus ou moins", c'est "tout le monde", qui a le même patrimoine génétique global, et en tous cas, les gènes particuliers hérités en très faible partie de Néanderthal n'ont une influence que sur nos caractéristiques physiques, aucunement sur notre fonctionnement cérébral.. Déjà, on ne connaît aucun "gène de l'intelligence", encore moins de gène de "la façon de voir les choses". Vous seriez ridicule, si on ne décelait dans votre tirade une vision biologiste de la prétendue existence de races.. En somme, cela sent mauvais...