Grèce: le Premier ministre veut une "enquête rapide" sur le meurtre d'un journaliste

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Des policiers devant le domicile du journaliste Giorgos Karaivaz, assassiné, le 9 avril 2021 à Athènes, en Grèce
Des policiers devant le domicile du journaliste Giorgos Karaivaz, assassiné, le 9 avril 2021 à Athènes, en Grèce
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© AFP, Yiannis PANAGOPOULOS, Eurokinissi

publié le samedi 10 avril 2021 à 16h58

Le Premier ministre grec Kyriokos Mitsotakis a demandé samedi la "résolution rapide" de l'enquête sur le meurtre d'un journaliste, un assassinat condamné par des responsables européens, les partis politiques grecs et les syndicats de la presse du pays.

"Sur ordre express (du Premier ministre), l'enquête va être accélérée au maximum", a déclaré à la presse le ministre en charge de la Protection des Citoyens, Michalis Chrysochoidis.

Le journaliste assassiné, Giorgos Karaivaz, qui travaillait pour la télévision privée Star et dirigeait le site d'actualités bloko.gr, a été tué par plusieurs balles devant son domicile à Athènes. 

Selon une source policière, le journaliste de 52 ans a été visé par deux hommes sur une moto, qui ont tiré à 17 reprises, d'après les douilles retrouvées sur les lieux du crime.

Un meurtre qualifié de "crime de haine" par M. Chrysochoidis, qui a ajouté que "le statut de journaliste de la victime donne à l'enquête une importance particulière

Le meurtre a été condamné par la Commission européenne et le Conseil européen de sauvegarde des droits de l'homme (CESDH).

- "Acte odieux et lâche" -

"Tuer un journaliste est un acte odieux et lâche", a tweeté vendredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

"L'Europe défend les libertés. Et la liberté de la presse est la plus sacrée de toutes. Les journalistes doivent pouvoir travailler en sécurité (...) j'espère que les criminels seront bientôt présentés à la justice", a-t-elle ajouté.

George Karaivaz, qui a travaillé durant toute sa carrière pour les principaux journaux et télévisions du pays, était "l'un des journalistes criminels les plus expérimentés sur le terrain et était tenu en haute estime par ses confrères", a déclaré dans un communiqué le syndicat Esiea des journalistes de la presse quotidienne athénienne.

Si les médias grecs ont été régulièrement la cible de vandalisme ou même d'attaque à la bombe, celles visant directement un journaliste sont plus rares

Certains reporters ont demandé une protection policière après avoir reçu des menaces mais ce n'était pas le cas de M. Karaivaz.

"Demander une protection n'était pas son genre" a déclaré à l'AFP un agent de police qui connaissait le journaliste.

M. Karaivaz, marié et père d'un fils de 21 ans, avait récemment fait l'objet d'une enquête après avoir été accusé d'avoir accepté de l'argent d'un ancien criminel assassiné en 2019.

Il avait vivement critiqué ces affirmations et écrit dernièrement une série d'articles pointant la corruption au sein des forces de l'ordre, sujet sur lequel il devait prochainement témoigner.

Ce meurtre intervient alors que les autorités grecques ont été critiquées pour avoir accordé une protection policière trop importante à un présentateur télé controversé.

En juillet dernier, le journaliste Stefanos Chios a survécu après avoir été visé au cou et à la poitrine par un homme devant son domicile. L'enquête est toujours en cours.

En 2010, le directeur de radio, bloggueur et journaliste d'investigation Socratis Giolias a été abattu, également devant son domicile, le meurtrier n'a jamais été retrouvé.

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