Facebook retire les comptes du groupe américain d'extrême droite Patriot Prayer

Facebook retire les comptes du groupe américain d'extrême droite Patriot Prayer
La police américaine transporte le corps de Michael Reinoehl, abattu lors de son interpellation le 3 septembre 2020 à Lacey dans l'Etat de Washington

, publié le samedi 05 septembre 2020 à 04h28

Facebook a retiré les comptes du groupe américain d'extrême droite Patriot Prayer, impliqué dans des violences contre des manifestants antiracisme à Portland depuis des semaines, et dont l'un des membres est a été abattu samedi.

Les pages de ce groupuscule ont été enlevées de Facebook et Instagram "dans le cadre de nos efforts en cours pour bannir les milices violentes de notre plateforme", a indiqué Facebook à l'AFP vendredi.

Dans la ville de Portland, dans le nord-ouest des Etats-Unis, des manifestants protestent sans relâche contre les brutalités policières depuis la mort du quadragénaire noir George Floyd sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis fin mai.

Mais des partisans de Donald Trump, dont des membres de mouvements suprémacistes blancs comme les Proud Boys ou les Patriot Prayer, défient régulièrement les militants du mouvement antiraciste Black Lives Matter.

Un membre des Patriot Prayer a été tué par balle samedi. Le suspect de ce crime, qui se disait "100% Antifa", est mort cinq jours plus tard lors de son interpellation par des forces fédérales.

Le groupe et son fondateur, Joey Gibson, ont toujours assuré qu'ils étaient une organisation chrétienne.

Facebook a retiré les pages du groupe conformément à une mise à jour récente de son règlement pour mieux enrayer la propagation des mouvements incitant à la haine et aux violences.

Mi-août, le géant des réseaux sociaux a ainsi banni ou imposé des restrictions à des milliers de comptes d'extrême droite, notamment liés à la mouvance "QAnon", un ensemble de théories conspirationnistes propagées principalement par des partisans de Donald Trump.

- Mobilisation dans la rue et sur les réseaux -

La mobilisation des militants anti-racisme et de groupes extrémistes laisse craindre une explosion des violences à l'approche de l'élection présidentielle, dans un pays profondément divisé, en récession et en difficulté face à la pandémie de coronavirus.  

Des militants d'extrême gauche s'opposent régulièrement aux forces de l'ordre depuis plus de trois mois.

"L'extrême droite exploite le climat politique extrêmement conflictuel, qui est devenu encore plus incertain à cause de la pandémie et des manifestations pour la justice raciale", estime dans un rapport le Southern Poverty Law Center (SPLC), qui surveille notamment les groupes extrémistes, en jugeant "bien réel" le risque de violences politiques avant les élections.

Face à l'extrême droite se trouve une coalition encore plus hétéroclite que le président Trump regroupe sous le mot-tiroir "antifa" (pour antifaciste) et accuse d'être des "agitateurs, des anarchistes ou des émeutiers". 

En son sein, "il y a de simples voyous qui aiment se battre et des gens qui veulent vraiment lutter contre les suprémacistes blancs", juge Daniel Byman de la Brookings Institution. Et, selon lui, ils sont "encore moins organisés" que leurs adversaires, ce qui augmente le risque de débordements.

Facebook, régulièrement accusé par des ONG et politiques de gauche de laxisme avec les mouvements qui incitent à la haine, a pris de nombreuses mesures pour assurer que sa plateforme ne serve pas de véhicule aux violences.

Son coup de filet contre QAnon, des milices et aussi des groupes anarchistes qui encouragent des interventions dangereuses, doit "restreindre leur capacité à s'organiser, avait expliqué la société californienne.

Les réseaux sociaux multiplient les mesures préemptives à l'approche du 3 novembre - interdiction de mouvances extrémistes, démantèlement d'opérations de désinformation, réunions avec les autorités, simulations de scénarios catastrophe, etc - afin de se préparer à de possibles tensions dans l'attente des résultats.

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