En science aussi, les chercheurs doivent lutter contre les fausses nouvelles

En science aussi, les chercheurs doivent lutter contre les fausses nouvelles

La Terre serait plate, l'homme ne serait pas responsable du dérèglement climatique, les Américains ne seraient jamais allés sur la Lune... En science aussi, les fausses nouvelles ont la vie dure

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AFP, publié le mardi 16 janvier 2018 à 11h26

La Terre serait plate, l'homme ne serait pas responsable du dérèglement climatique, les Américains ne seraient jamais allés sur la Lune... En science aussi, les fausses nouvelles ont la vie dure. Scientifiques et journalistes spécialisés s'interrogent sur les moyens de lutter contre la désinformation.

Dans le domaine du climat, "on doit faire face à une volonté délibérée de manipuler l'opinion publique, les décideurs", estime la climatologue Valérie Masson-Delmotte, invitée récemment d'un colloque organisé à Paris par plusieurs sociétés savantes et l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI).

Ceux que ce membre du groupe d'experts sur le climat de l'ONU (Giec) appelle les "marchands de doute" cherchent essentiellement, selon elle, à limiter la régulation environnementale.

Mais les motivations des pourvoyeurs de "fake news" ne sont pas qu'économiques, elles peuvent être religieuses, idéologiques ou parfois plus personnelles comme un besoin de notoriété. Ce qui entraîne la persistance, notamment sur internet, de théories scientifiquement invalidées, parfois encore prises pour argent comptant par le grand public.

Pour le journaliste spécialisé Nicolas Chevassus-au-Louis, les fausses informations, qu'elles soient de nature scientifique ou pas, "procèdent d'une même rhétorique". "Tout commence par semer le doute. La méthode la plus au point consiste à mettre en cause les supposées incohérences de la version officielle, s'attacher à un minuscule détail et en faire des tonnes", détaille-t-il. Le fameux: "Tu ne trouves pas ça bizarre toi que l'Antarctique ne semble pas fondre ?" 

Suit ensuite la mise en place de "versions alternatives" comme le fait que le dérèglement climatique pourrait être lié à l'activité solaire (et non à l'homme, comme les scientifiques l'ont établi).

Il ne leur reste plus ensuite, selon ce journaliste, qu'à convaincre que leur "version alternative" est la vraie, avec des témoignages de personnalités et des publications dans des revues dont la présentation prend l'apparence de celle de la science (appelées les "revues prédatrices").

- Articles 'accrocheurs' -

La désinformation scientifique est de plus facilitée par une certaine confusion dans le grand public entre une démarche scientifique, produite sur la base d'une analyse exhaustive, rigoureuse et vérifiable, et une opinion. 

"Nous avons tous une responsabilité, l'éducation, les médias, les chercheurs et les organismes de recherche sur le fait de ne pas réussir à enseigner cette différence", explique Valérie Masson-Delmotte.

"En 2017, 33% des articles de presse anglophone sur le climat les plus populaires sur internet contenaient des informations fausses", assure le climatologue Emmanuel Vincent. 

Pour le créateur du site climatefeedback.org, qui permet aux scientifiques de donner leur avis sur la crédibilité d'articles de presse, il est devenu important pour les journalistes d'"apparaître sur Google ou Facebook" et donc de fournir des articles "plus accrocheurs qu'avant".

Ce que Valérie Masson-Delmotte appelle "la tentation du +Paris Match de la science+" qui parfois génère des informations en décalage avec le contenu du travail scientifique.

De plus, vu l'immense masse des publications scientifiques, peu parviennent jusqu'au grand public. "Ce biais de communication peut donner une vision très parcellaire", explique-t-elle, comparant le climat à un tableau impressionniste dont le public ne verrait que quelques touches de couleurs.

Elle pointe également du doigt le décalage entre le temps de la production de connaissances scientifiques et le temps de l'actualité.

Ainsi, en septembre, quand des ouragans ont touché l'Atlantique, les médias ont cherché à savoir si ces phénomènes extrêmes étaient liés au changement climatique. Une réponse impossible à donner sur le moment mais depuis, plusieurs études sont parues. 

Or "ces résultats scientifiques quelques mois après l'évènement n'ont eu qu'une place très limitée dans les médias", regrette Valérie Masson-Delmotte.

Des impératifs auxquels s'ajoute la vraie difficulté pour les médias généralistes de relayer, dans l'urgence, des résultats de recherches souvent très complexes en trouvant un expert pertinent.

Certains chercheurs suivent d'ailleurs maintenant des cours de "media training" pour s'exprimer de façon plus simple et ainsi réussir à mieux partager le fruit de leur travail.

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2 commentaires - En science aussi, les chercheurs doivent lutter contre les fausses nouvelles
  • La science a toujours progressé à partir d’un examen critique des théories dominantes du moment. Au vu du ton de l’article, cet examen critique est en passe de devenir un délit. Corinne Lepage préconisait en son temps de « ficher les climato-sceptiques »; il est à craindre qu'on n'en soit plus loin avec Macron (ce type d'article n'est-il pas là pour préparer le terrain?...). Ce totalitarisme d’une science officielle est symptomatique de la mise sous tutelle de la science par une idéologie dominante. Hors de ces courants dominants, il n’est déjà plus possible de faire une « carrière » carrière scientifique. Staline n’avait pas fait mieux (Cf. l’affaire Lyssenko).

  • On attend toujours le titre de la ou les publications scientifiques qui ont établi que -1- il y a un dérèglement climatique -2- l'homme en est responsable. Je suis preneur. Le problème est bien que la "démarche scientifique, produite sur la base d'une analyse exhaustive, rigoureuse et vérifiable" est totalement absente du discours des écolos, des politiques, des media qui font l'article et le battage sur le "dérèglement climatique". Nier l'influence des variations naturelles du climat, l'influence du soleil sur ce climat , auxquelles se superpose une petite influence humaine; cad tout ramener à l'influence de l'être humain n'est pas du tout scientifique. De même par exemple classer le CO2 comme pollueur est une hérésie scientifique : pas de CO2, pas de photosynthèse, pas de vie sur Terre. C'est simple, il faudrait qu'un scientifique vienne expliquer et rappeler cette évidence. On n'empêchera jamais des gens qui ont une culture scientique et technique d'avoir un oeil critique sur ce sujet, de penser ce qu'ils veulent, de ne pas se mettre à genoux devant des savants qui savent .

    enfin la réponse sensée d'un vrai climatologue ....

    1+1 donne 2.
    L'augmentation du Co2 de X par siècle.
    Entre la création (Naturel) de notre Bonne vieille Terre jusqu'au premier relevé donne par exemple : 10 parsec/An (4 milliards et demi).
    Entre 1920 et 1960 l'augmentation est de 15 parsec/an. (utilisation du charbon, pétrole encore limité)
    Entre 1960 et 2018 l'augmentation 50 parsec/an (utilisation du charbon et pétrole a tout va). Vous pensez sérieusement a un réchauffement solaire vous ?

    barnakis: ce n'est pas ce que maduro17 a dit ! Ce que cette personne veut dire, c'est que quitte a donner de vraies infos sur ce sujet (et non des "fake", donc), autant être le plus précis et le plus objectif possible! Il a plusieurs choses, outre l'activité humaine, qui peuvent être également des facteurs d'un changement climatique...

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