En pleine pandémie, le Dragon de SpaceX se prépare à faire voler des astronautes

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Le chef de la Nasa, Jim Bridenstine, le fondateur de SpaceX, Elon Musk, et les astronautes Doug Hurley et Bob Behnken, au siège de SpaceX à Los Angeles le 10 octobre 2019
Le chef de la Nasa, Jim Bridenstine, le fondateur de SpaceX, Elon Musk, et les astronautes Doug Hurley et Bob Behnken, au siège de SpaceX à Los Angeles le 10 octobre 2019
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© AFP, Philip Pacheco
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, publié le vendredi 01 mai 2020 à 22h10

Malgré la pandémie de Covid-19, la Nasa et SpaceX poursuivent les préparatifs de la mission historique du 27 mai, quand pour la première fois depuis 2011, des astronautes s'envoleront dans l'espace depuis les Etats-Unis et non à bord d'une fusée russe.

Le 27 mai à 16H42 locales (20H42 GMT), au mythique Centre spatial Kennedy de Floride d'où Neil Armstrong et ses coéquipiers décollèrent pour la Lune, une fusée Falcon 9 de la société créée par Elon Musk allumera ses moteurs avec fixée à son sommet une capsule flambant neuve baptisée Crew Dragon. Y seront sanglés les astronautes américains Bob Behnken et Doug Hurley, direction: la Station spatiale internationale.

Les deux hommes s'entraînent depuis des années pour cette mission de démonstration à forte dimension géopolitique: si l'appareil remplit ses promesses, les Etats-Unis n'auront plus à acheter des sièges dans les Soyouz russes, les seuls véhicules capables de rallier la station depuis que les navettes américaines ont été mises à la retraite après trente ans de service il y a neuf ans.

A cela s'ajoute la concrétisation d'un nouveau modèle économique pour l'illustre agence spatiale: la Nasa a investi des milliards dans le développement du vaisseau et d'un autre par Boeing, mais en tant que cliente, sur la base d'un contrat de service, où SpaceX et Boeing devront chacun assurer six allers-retours vers l'ISS. Un modèle censé éviter les gouffres financiers des programmes précédents, ou de celui de la future fusée lourde SLS qui vise la Lune en 2024.

Crew Dragon succèdera aux quatre seuls véhicules "made in USA" qui ont depuis les années 1960 envoyé des astronautes dans l'espace: Mercury, Gemini, Apollo et les navettes spatiales.

"Nous le faisons au milieu de la pandémie de coronavirus. C'est une mission de haute priorité pour les Etats-Unis d'Amérique", a dit Jim Bridenstine.

Mais, pandémie oblige, la Nasa ne veut pas de foules se pressant sur les plages longeant Cap Canaveral. "Nous demandons aux gens de ne pas se rendre au centre spatial Kennedy", a dit le chef de la Nasa.

"C'est évidemment décevant que la pandémie nous prive du luxe d'avoir nos familles et nos amis à Kennedy pour assister au lancement, mais évidemment c'est impossible dans l'environnement actuel", a dit Doug Hurley, qui participa au dernier vol d'une "Space Shuttle" en juillet 2011.

- Succès pour SpaceX -

Les astronautes seront placés en quarantaine à Houston deux semaines avant puis seront emmenés en Floride par un avion de la Nasa. En attendant, les équipes de la Nasa à Houston et en Floride et de SpaceX à Los Angeles portent masques et gants, et la moitié des ingénieurs de SpaceX télétravaillent, selon Gwynne Shotwell, directrice des opérations de SpaceX.

Le jour du lancement, dans la salle de contrôle, les ingénieurs de la Nasa travailleront depuis des postes espacés des "six pieds" (deux mètres) réglementaires, a expliqué Steve Stich, de la Nasa.

Bob Behnken et Doug Hurley, qui s'entraînent depuis des années pour cette mission baptisée "Demo-2", resteront à bord de l'ISS entre un et quatre mois maximum, Crew Dragon ayant la capacité de rester en orbite 119 jours.

Pour SpaceX, société fondée en 2002 par Elon Musk qui a aussi créé Tesla, faire voler des astronautes sera une consécration. 

L'ex-start-up a damé le pion au géant Boeing, qui a raté la mission de démonstration non habitée de sa capsule Starliner et va devoir la recommencer.

SpaceX a ravitaillé l'ISS 19 fois en matériel et nourriture avec la version cargo de Dragon depuis 2012, et la version habitée a réussi une répétition générale de la mission, avec un mannequin à bord, en mars 2019.

La société s'est imposée comme le leader des lancements privés grâce à sa fusée réutilisable, Falcon 9, dont le premier étage revient amerrir sur une barge dans l'Atlantique, à la verticale.

"Je serai un peu soulagée quand ils seront en orbite, un peu plus quand ils arriveront à la station, et je recommencerai à dormir quand ils seront de retour sur Terre", a dit Gwynne Shotwell.

Jeudi, la Nasa a aussi sélectionné SpaceX parmi trois sociétés concourant pour construire un alunisseur. Boeing n'a pas été retenu.

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