Démanteler Facebook n'est pas la solution, dit Zuckerberg

Démanteler Facebook n'est pas la solution, dit Zuckerberg
Les comptes "faux" peuvent par exemple servir à relayer des campagnes de désinformation à des fins de manipulation politique
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AFP, publié le vendredi 24 mai 2019 à 04h09

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a rejeté jeudi toute idée de démantèlement du groupe car cela "ne règlerait pas les problèmes" liés aux contenus ou à la vie privée, contre lesquels il dit lutter ardemment, chiffres à l'appui: plus de 2 milliards de faux comptes supprimés en trois mois.

"Nous existons dans un environnement très concurrentiel et très dynamique où de (nouveaux) services apparaissent constamment", a dit M. Zuckerberg, rejetant une nouvelle fois toute accusation de monopole.

Oter les "contenus nocifs", "empêcher les ingérences dans les élections, nous assurer que nous avons les bons outils de confidentialité", entre autres, sont "selon moi, les sujets de société les plus importants à l'heure actuelle" et "je ne pense vraiment pas que (...) démanteler l'entreprise va les régler", a dit le jeune chef d'entreprise, lors d'une conférence téléphonique consacrée aux derniers chiffres trimestriels de lutte contre les faux comptes et contenus problématiques.

De plus, a-t-il insisté en soulignant l'importance du budget alloué au contrôle des contenus, "nous pouvons faire des choses que les autres (entreprises) ne peuvent juste pas faire". Sous-entendu: démanteler Facebook l'empêcherait précisément de lutter efficacement contre ces problèmes.

La numéro deux du groupe Sheryl Sandberg avait aussi dit mi-mai qu'affaiblir Facebook pourrait, qui plus est, favoriser les groupes chinois.

Chris Hughes, un cofondateur de Facebook, ou encore la sénatrice Elizabeth Warren, une candidate démocrate à la présidentielle de 2020, ont récemment appelé au démantèlement du groupe et d'autres colosses technologiques qu'ils jugent trop puissants voire monopolistiques.

- Faux comptes -

Mark Zuckerberg a aussi redit jeudi être favorable "à une régulation d'internet": "Je ne pense pas que les entreprises seules doivent prendre toutes les décisions sur ce qu'on peut voir ou non sur internet."

A cet égard, Facebook a indiqué jeudi qu'il faisait face à une nette augmentation des tentatives de créations automatiques de comptes à des fins malveillantes et qu'environ 5% des comptes actifs actuellement étaient "faux", passés entre les mailles du filet.

Le groupe a dit avoir désactivé immédiatement, c'est-à-dire avant même qu'ils ne deviennent actifs, 1,2 milliard de comptes au dernier trimestre 2018 et 2,2 milliards sur les trois premiers mois de 2019, "une hausse due aux attaques automatisées d'acteurs malveillants (cherchant à) créer de larges volumes de comptes en même temps". 

Selon Facebook, ces comptes-là sont faciles à repérer par ses systèmes automatisés et il parvient à presque tous les supprimer avant qu'ils ne créent de "tort". Il peut s'agir de comptes destinés à envoyer des courriers indésirables par exemple.

Toutefois, le réseau social estime que 5% des comptes actuellement comptabilisés comme actifs sur la plateforme sont "faux" --c'est-à-dire par exemple qu'ils ne représentent pas une vraie personne ou une organisation-- sur un total de quelque 2,4 milliards d'usagers mensuels actifs.

Plus difficiles à repérer, ils peuvent servir à relayer des campagnes de désinformation à des fins de manipulation politique, l'un des sujets qui empoisonnent Facebook. Le groupe annonce régulièrement des vagues de suppressions de comptes actifs jugés "inauthentiques".

Dans son rapport publié jeudi, le réseau social détaille aussi les contenus qui enfreignent ses règles d'utilisation. Pour la nudité, la violence, le sexe, les spams, l'exploitation sexuelle des enfants ou la "propagande terroriste", Facebook affirme détecter plus de 95% des contenus avant qu'un usager ne les lui signalent.

En revanche, cette proportion tombe à 65% pour les propos "haineux" (racisme, antisémitisme par exemple) et même à 14% pour le harcèlement, plus difficiles à détecter. Le groupe souligne néanmoins qu'il ne repérait que 38% des discours de haine au premier trimestre 2018.

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