Création d'une "salle de rédaction européenne" par 16 agences de presse

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Une journaliste travaille dans la salle de presse du siège de l'Union européenne à Bruxelles, le 22 mai 2018
Une journaliste travaille dans la salle de presse du siège de l'Union européenne à Bruxelles, le 22 mai 2018
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© AFP, JOHN THYS

publié le lundi 29 novembre 2021 à 19h16

Seize agences de presse ont décidé de s'associer pour créer avec un soutien financier de l'UE une "salle de rédaction européenne" afin de travailler en commun sur des sujets européens, a annoncé lundi la Commission européenne.

"La plupart de ces agences vont se retrouver dans un lieu commun où elles vont pouvoir échanger sur tous les sujets européens, demander ensemble des entretiens et publier sur un site dédié une partie de ces productions", a précisé l'AFP qui participe au projet.

"Les participants vont aussi pouvoir bénéficier de formations, en particulier sur le numérique et le fact-checking", a ajouté l'AFP.

L'agence de presse allemande DPA est chef de file du projet, qui sera lancé en janvier 2022 et rendu opérationnel au cours du premier semestre. Il va bénéficier d'une subvention de 1,76 million d'euros sur deux ans (2022-2023), a précisé la Commission.

Outre DPA et l'AFP, les participants sont ANSA (Italie), Agerpres (Roumanie), APA (Autriche), ATA (Albanie), Belga (Belgique), BTA (Bulgarie), EFE et Europapress (Espagne), FENA (Bosnie), HINA (Croatie), MIA (Macédoine du Nord), STA (Slovénie), Tanjug (Serbie) et TASR (Slovaquie). Le projet concerne la production d'informations en 15 langues.

"Avec cette nouvelle étape, nous renforçons l'espace d'information de l'Europe et augmentons l'accès des citoyens à une information de qualité", a assuré le commissaire Thierry Breton (marché intérieur et services) en annonçant cette initiative. 

"En travaillant ensemble au-delà des frontières, les médias sont plus forts", a également déclaré la vice-présidente de la Commission Vera Jourova, chargée des valeurs et de la transparence, au cours d'un forum sur les médias européens.

"Nous avons vu les résultats incroyables des enquêtes transfrontalières, comme les récents Pandora Papers (publiés par le Consortium international des journalistes d'investigation, sur l'opacité des sociétés offshore). Je crois aussi que ces réseaux et cette solidarité rendent plus difficile l'ingérence des États", a-t-elle ajouté.

La Commission présentera en 2022 une loi pour protéger l'indépendance des médias afin de "garantir le pluralisme, l'intégrité et l'indépendance du marché européen des médias contre tous les types d'interférences injustifiées".

"Ces menaces peuvent prendre diverses formes, telles que l'ingérence des gouvernements, la politisation des médias publics ou une forte concentration du capital des médias entre les mains d'une poignée de propriétaires", a souligné Thierry Breton.

Ces concentrations peuvent poser des problèmes d'indépendance éditoriale "notamment lorsque les propriétaires ou les membres du conseil d'administration sont actifs dans plusieurs secteurs", a-t-il mis en garde.

"Comment un journaliste pourrait-il enquêter librement sur une affaire dans laquelle son propriétaire a des intérêts particuliers ? Comment assurer la pluralité des points de vue si des journalistes sont invités à la prudence, ou licenciés, au nom des synergies ?", s'est-il interrogé.

"C'est l'indépendance et le pluralisme de nos médias qui sont en jeu, ainsi que la qualité du débat public et la responsabilité publique", a-t-il conclu.

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