Birmanie: le journaliste japonais libéré jeudi expulsé du pays

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Manifestation contre le coup d'Etat militaire en Birmanie, le 14 mai 2021 à Rangoun
Manifestation contre le coup d'Etat militaire en Birmanie, le 14 mai 2021 à Rangoun
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© AFP, STR

publié le vendredi 14 mai 2021 à 11h36

Un journaliste japonais arrêté alors qu'il couvrait les manifestations post-coup d'État en Birmanie a été  expulsé du pays, a déclaré vendredi Tokyo, après que les charges retenues contre lui ont été abandonnées dans un geste diplomatique.

Yuki Kitazumi, un journaliste indépendant, avait été arrêté mi-avril et détenu à la prison d'Insein, connue pour abriter des prisonniers politiques.

Le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a confirmé que le journaliste serait renvoyé au Japon dès vendredi.

Le Japon a utilisé "divers canaux" pour faire pression pour sa libération et cela a été "un travail difficile", selon M. Motegi. 

"À la suite de ces efforts, les autorités de Birmanie ont annoncé hier qu'elles retireraient l'acte d'accusation", a-t-il déclaré aux journalistes à Tokyo.

"Actuellement, l'ambassade du Japon en Birmanie aide à ce que l'individu puisse retourner au Japon - en allant récupérer les affaires de cette personne dans son appartement."

Le journaliste devait atterrir au Japon dans la soirée et il est en bonne santé, a ajouté le ministre.

- Une aide alimentaire de 4 millions de dollars -

Tokyo a également annoncé une aide alimentaire d'urgence de 4 millions de dollars pour la Birmanie, via le programme alimentaire mondial (PAM).

L'objectif est de venir en aide à 600.000 personnes.

"L'approvisionnement alimentaire des plus pauvres se détériore rapidement actuellement à Rangoun, et ils ont des difficultés à maintenir les conditions de vie les plus élémentaires", a déclaré le ministère japonais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Fin mars, le Japon avait annoncé qu'il suspendait toute nouvelle aide à la Birmanie en réponse au coup d'État. 

"Nous poursuivons nos appels pour que la Birmanie mette immédiatement fin à la violence, libère ceux qui sont détenus (prisonniers politiques) et revienne au processus politique démocratique", a déclaré M. Motegi.

Jeudi, la radio d'État MRTV avait indiqué que les charges retenues contre M. Kitazumi seraient abandonnées.

"Bien qu'il ait violé la loi, afin de se réconcilier avec le Japon et d'améliorer nos relations, les charges retenues contre lui seront retirées et il sera libéré, conformément à la demande du Japon", a indiqué MRTV.

- 80 journalistes arrêtés -

Une enquête antérieure avait montré que M. Kitazumi avait "soutenu les manifestations", a ajouté ce média.

M. Kitzami était derrière les barreaux depuis le 18 avril. Ce jour-là, c'était la deuxième fois qu'il était arrêté depuis le coup d'Etat. En février, il avait été battu et brièvement interpellé lors d'une intervention de la police anti-émeute contre des manifestants. 

Il avait été inculpé début mai par la junte militaire au pouvoir pour diffusion de "fausses informations", avait indiqué l'agence de presse japonaise Kyodo.

Yuki Kitazumi fait partie des journalistes --au moins 80-- arrêtés en Birmanie dans le cadre de la répression menée depuis le coup d'Etat du 1er février.

Un photographe polonais arrêté alors qu'il couvrait une manifestation en mars a été libéré et expulsé après près de deux semaines de détention.

Quarante-cinq journalistes et photographes sont toujours détenus en Birmanie, selon l'organisation Reporting ASEAN.

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