Vols dans le métro par des mineurs: 113 années de prison contre un clan roumain

Vols dans le métro par des mineurs: 113 années de prison contre un clan roumain
Des policiers de la Brigade des Réseaux Ferrés contrôlent un homme dans le métro parisien le 2 novembre 2016

AFP, publié le mardi 22 octobre 2019 à 18h46

Vingt membres d'un clan roumain qui exploitait ses enfants en les envoyant voler dans le métro parisien, ont été condamnés vendredi à Paris à des peines de 4 à 8 ans de prison ferme, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Ces hommes et ces femmes, issus d'un même clan de Roms sédentarisés, ont été condamnés par le tribunal de Paris pour "traite d'êtres humains sur mineur", recel, blanchiment et "association de malfaiteurs".  

Au total, 113 années de prison ont été prononcées contre eux, ainsi qu'une interdiction du territoire français.  

Ce procès de trois semaines est le fruit d'investigations initiées fin 2016 face à la recrudescence de vols à la tire dans le métro par des groupes d'adolescents bien rodés: les mineurs, de 11 à 18 ans, dérobaient téléphones et portefeuilles des voyageurs, le plus souvent dans les escaliers du métro. 

Pendant qu'un ou plusieurs détournaient l'attention des victimes, un autre subtilisait les objets et les transmettait à des complices qui s'empressaient de les dissimuler, avant que chacun prenne la fuite de son côté.

Ces bandes, qui privilégiaient les stations de métro touristiques, avaient particulièrement sévi lors de la COP-21 fin 2015 et de l'Euro-2016 de football.

L'enquête, surnommée "Roman Express", du nom de la ville d'origine du clan dans l'Est de la Roumanie, a conduit à la mise en place, en janvier 2017, d'une coopération judiciaire franco-roumaine. Six mois plus tard, celle-ci a débouché sur l'interpellation simultanée en France, en Roumanie, en Espagne et en Italie de la majorité des suspects, parents des mineurs exploités.

"Ces familles n'ont aucune implantation en France, elles font des allers-retours avec la Roumanie pour accompagner les enfants" et faire tourner ceux trop identifiés par la police, a expliqué le parquet de Paris à l'AFP. "Une cinquantaine de mineurs actifs avaient été identifiés à l'époque des interpellations. Mais ils ne se considèrent pas comme des victimes et ceux qui avaient alors fait l'objet d'un placement avaient tous quitté la France dès la semaine suivante".

Une procédure judiciaire se poursuit contre d'autres suspects en Roumanie, où les biens immobiliers du clan n'ont toutefois pas été saisis à ce jour.

La vague d'arrestations en 2017 avait provoqué une réduction notable de ce type de vols dénoncés à Paris, selon le parquet. "Mais le clan s'est en partie reconstitué et plusieurs mineurs sont revenus depuis le début de l'année", selon le parquet.

Selon la mairie de Paris en juin, les vols à la tire dans le métro parisien avaient augmenté en juin de 68% depuis le début de l'année.

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