Vingt-cinq ans de réclusion pour des empoisonnements au collyre vétérinaire

Vingt-cinq ans de réclusion pour des empoisonnements au collyre vétérinaire
La cour d'assises des Bouches-du-Rhône a infligé 25 ans de réclusion à un entrepreneur qui avait tenté un empoisonnement au collyre pour chien

, publié le vendredi 28 février 2020 à 10h54

La cour d'assises d'appel des Bouches-du-Rhône a condamné jeudi à 25 ans de réclusion criminelle un ex-dirigeant d'entreprise de vente de viandes en gros qui avait tenté d'empoisonner avec du collyre vétérinaire une octogénaire dont il avait acquis l'appartement en viager.

En première instance en mars 2019, Olivier Cappelaere, 50 ans, dont la société a été placée en liquidation judiciaire en 2014, avait été condamné à 20 ans de réclusion par la cour d'assises des Alpes-Maritimes.

Alors qu'il avait toujours contesté les faits, l'accusé a passé des aveux dès l'ouverture du procès en appel. 

Il a reconnu être entré le 7 avril 2015 dans l'appartement de Suzanne Bailly, aujourd'hui âgée de 90 ans, non pas pour y faire des photos comme il le prétendait initialement, mais pour verser de l'atropine dans sa bouteille d'eau minérale. 

Il a expliqué ne pas avoir voulu tuer Mme Bailly mais la rendre juste malade, qualifiant cette décision d'"idée folle".

Selon ces nouvelles déclarations, il comptait "bêtement" que cette Belfortaine, habituée à passer l'hiver sur la Côte d'Azur, ne vienne plus dans son appartement du Cannet (Alpes-Maritimes) dont il aurait pu disposer. La dame âgée avait été conduite à l'hôpital dans un grand état d'agitation avec des difficultés à s'exprimer alors que son pronostic vital était engagé. 

Comme lors de deux précédentes hospitalisations, quelques semaines plus tôt, les médecins avaient évoqué un AVC. Mais en avril 2015, l'octogénaire avait eu le temps de prévenir un ami lui faisant observer que son eau avait un goût amer. L'ayant goûtée, cet homme d'une soixantaine d'années, également partie civile, avait été pris des mêmes symptômes que Mme Bailly alors qu'il venait d'accompagner celle-ci à l'hôpital. Cela avait permis de soupçonner un empoisonnement.

L'atropine ayant servi à empoisonner l'eau minérale provenait d'un collyre vétérinaire utilisé par l'accusé pour son chien et dont dix flacons avaient été retrouvés à son domicile. Présente lors des débats, Mme Bailly a souligné qu'elle avait été "démolie" physiquement et moralement, étant toujours en proie à des crises de larmes. 

"Je ne pensais pas avoir affaire à une crapule", a déclaré la vieille dame.

Selon un expert, l'accusé entretenait un "rapport problématique" à l'argent dans lequel "l'autre n'existe plus, n'a plus aucune valeur". 

L'avocat général avait requis trente ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté, évoquant "un crime de lâcheté".

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