Vingt ans de prison pour avoir étouffé son bébé à la naissance, la défense fait appel

Vingt ans de prison pour avoir étouffé son bébé à la naissance, la défense fait appel

Une jeune femme de 24 ans, qui s'était retrouvée enceinte à 18 ans mais "n'assumait" pas son état, a été condamnée mercredi à 20 ans de réclusion pour avoir étouffé le bébé à qui elle venait de donner naissance

AFP, publié le mercredi 11 avril 2018 à 21h29

Une jeune femme de 24 ans, qui s'était retrouvée enceinte à 18 ans mais "n'assumait" pas son état, a été condamnée mercredi à 20 ans de réclusion pour avoir étouffé le bébé à qui elle venait de donner naissance, une décision "surréaliste" pour la défense qui a immédiatement interjeté appel.

Cette peine, assortie de cinq ans de suivi socio-judiciaire avec obligations de soins, est plus sévère que celle qu'avait requise l'avocat général (15 ans). Jugée depuis vendredi devant la cour d'assises du Val-d'Oise, l'accusée comparaissait libre. 

Dans la nuit du 14 mars 2012, alors âgée de 18 ans, elle avait tué son nouveau-né après avoir accouché, seule, dans la salle de bains de l'appartement où elle était hébergée par une amie à Sannois (Val-d'Oise).

"En 30 ans de carrière, c'est la première fois que je suis autant scandalisé", a réagi auprès de l'AFP Me Frédéric Zajac, pour qui "ce n'est pas une décision de justice qui a été rendue" mais une décision prise "sous le coup de l'émotion". 

Jugée à ses côtés pour non-assistance à personne en danger, non-dénonciation de crime et modification de scène de crime, l'amie qui l'hébergeait a été condamnée à quatre ans de prison avec sursis simple, cinq ayant été requis contre cette femme de trente ans.

Au cours de l'instruction, elle avait raconté avoir entendu un "miaulement de chat" suivi de "coups sourds" avant de voir sa jeune amie ressortir dix minutes plus tard de la salle de bains avec un sac en plastique à la main, qu'elle avait ensuite déposé dans les parties communes de l'immeuble. Son hôte avait nettoyé les traces de sang mais fermé les yeux sur l'acte de son amie dont elle était éperdument amoureuse. 

L'autopsie pratiquée sur le garçon, "né vivant, viable et à terme", devait révéler qu'il avait été étouffé avec du papier toilette, ainsi que des traces de brûlure et une fracture du crâne.

A l'audience, la jeune femme avait raconté qu'elle se savait enceinte, mais n'arrivait pas à "assumer" son état, craignant qu'on la "juge" ou la "rejette", sachant qu'elle souffrait déjà d'avoir été rejetée par sa propre mère. 

La psychiatre avait écarté un déni de grossesse, voyant plutôt dans l'attitude de l'accusée une forme de "dénégation", soit un "va-et-vient" entre conscience et inconscience. En couple depuis trois ans et actuellement en formation pour ouvrir un salon, elle envisageait d'avoir un enfant après avoir terminé ses études. 

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