VIDÉO. Michel Sapin : "Il ne pas confondre une maladresse avec une agression sexuelle"

VIDÉO. Michel Sapin : "Il ne pas confondre une maladresse avec une agression sexuelle"
L'ex-ministre des Finances Michel Sapin le 13 mai 2017 lors du sommet du G7 à Bari (Italie).

Orange avec AFP, publié le mardi 24 octobre 2017 à 16h40

L'ex-ministre de l'Économie de François Hollande, mis en cause pour un geste "inapproprié" alors qu'il occupait Bercy, estime qu'une "maladresse peut arriver à tout le monde".

Invité de RTL mardi 24 octobre, l'ancien ministre des Finances socialiste Michel Sapin a notamment été interrogé sur le cas de Christophe Arend.

Ce député la République en marche (LREM) de Moselle est visé par une plainte pour harcèlement sexuel de son ex-assistante parlementaire. Michel Sapin a refusé de commenter la demande de la jeune femme, qui souhaite que son ancien patron se mette en retrait de ses fonctions. "C'est à lui de prendre ses responsabilités, il sait exactement ce qu'il a fait (...) et c'est à son groupe de prendre ces décisions", estime-t-il.



"Aujourd'hui, la parole se libère, tant mieux. La justice est saisie, tant mieux", juge l'ancien ministre de François Hollande, lui-même mis en cause alors qu'il était le patron de Bercy. Dans leur livre "L'Élysée off" (avril 2016), les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri l'accusent d'avoir "fait claquer l'élastique de la culotte" dépassant du pantalon d'une journaliste penchée pour ramasser un stylo, pendant le forum économique mondial de Davos (Suisse), en janvier 2015. Il lui aurait murmuré : "Ah mais qu'est-ce que vous me montrez là ?".

► "Faut pas confondre un crime comme le viol avec autre chose"

Le ministre avait nié ces accusations pendant plusieurs semaines, avant de faire son mea culpa. "Lors d'un déplacement en janvier 2015 à Davos, au milieu d'une vingtaine de personnes, j'ai fait à une journaliste une remarque sur sa tenue vestimentaire en posant ma main sur son dos. Il n'y avait dans mon attitude aucune volonté agressive ou sexiste, mais le seul fait d'avoir choqué la personne en question démontre que ces paroles et ce geste étaient inappropriés, et j'en ai été et en suis encore désolé", a-t-il reconnu en mai 2016. "Dans les minutes qui ont suivi, la journaliste a demandé à me voir en tête à tête pour me faire part de son indignation. Je lui ai évidemment présenté mes très sincères excuses".

Quand la journaliste de RTL le relance sur cet épisode, il répond qu'"il ne faut pas tout confondre". "Faut pas confondre une maladresse avec une agression sexuelle. Faut pas confondre un crime comme le viol avec autre chose", tempère Michel Sapin. "La maladresse, elle peut arriver à tout le monde et on s'en explique, on s'en excuse, mais faut pas tout confondre", martèle-t-il. "Sinon, on porte atteinte à ce combat des femmes qui est absolument indispensable".

A-t-il eu connaissance de faits de harcèlement durant sa carrière politique ? "C'est pas forcément les hommes qui ont le plus connaissance de ces faits", élude-t-il. Comme la journaliste insiste, il reconnaît : "Globalement, oui, cette situation qui était plus acceptée naguère qu'elle l'est aujourd'hui était une situation dommageable. Et je préfère aujourd'hui cette liberté qui fait la lumière, qui va faire changer les comportements, à cette omerta d'autrefois".

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