Une sexagénaire accusée d'avoir séquestré sa belle-fille plusieurs années à Saint-Raphaël

Une sexagénaire accusée d'avoir séquestré sa belle-fille plusieurs années à Saint-Raphaël
Saint-Raphael dans le Var, le 4 avril 2019

, publié le mercredi 20 novembre 2019 à 19h07

Une femme de 61 ans accusée par sa belle-fille de l'avoir retenue pendant plusieurs années dans sa maison de Saint-Raphaël a été présentée mercredi à un juge en vue de sa mise en examen, a annoncé le parquet de Draguignan.

Dimanche, la victime, âgée de 31 ans, avait réussi à s'enfuir par une fenêtre de la maison dans laquelle elle affirme avoir été retenue pendant cinq ans, "profitant de l'absence de sa belle-mère et d'un défaut de surveillance des personnes présentes", explique dans un communiqué le procureur Patrice Camberou.

Lors de sa fuite, elle a été prise en auto-stop par un couple d'automobiliste à qui elle a confié son histoire.

Orpheline, elle avait noué une relation avec le fils de la famille en 2008, puis était tombée enceinte. Le couple s'était alors séparé, mais elle était restée vivre dans sa belle-famille. Elle aurait subi "un enfermement psychologique, devenu avec le temps physique", a décrit le magistrat à l'AFP, ajoutant que sa belle-mère avait adopté l'enfant après sa naissance.

La victime, dont la carte d'identité avait été confisquée, a assuré ne pas être sortie de la maison depuis 5 ans et avoir eu droit à un seul repas par jour. Sa belle-mère affirme de son côté que cela faisait "un an seulement" qu'elle n'était pas sortie, a poursuivi M. Camberou.

"La famille ne se souciait pas de ce qu'elle était devenue. Le fils avec qui elle avait noué une relation est parti et revenu au domicile familial, en tout cas il ne souciait pas d'elle, son rôle exact est à déterminer", a ajouté le magistrat. "Un autre fils a également indiqué que comme il ne la voyait plus, son ex belle-soeur était pour lui partie".

"Depuis une année, voire deux ans", la jeune femme vivait dans une pièce dans laquelle a été retrouvé un matelas posé par terre ainsi qu'un banc sur lequel elle passait "visiblement ses journées à regarder des films sur une tablette", a ajouté le procureur de la République.

"La première chose qu'elle a demandé, c'est à prendre une douche", a indiqué le magistrat. La jeune femme "aurait tenté de s'échapper une première fois, mais aurait été rattrapée par un membre de la famille".

L'examen medico-légal, a constaté un "état bucco-dentaire médiocre et plusieurs ecchymoses". Les conclusions de l'examen psychiatriques sont attendues. Pour sa part, l'enfant qui était en "bonne santé", a été confié à l'Aide sociale à l'enfance.

Placée en garde à vue, la belle-mère a été déférée mercredi devant un juge d'instruction en vue de sa mise en examen. Le procureur a requis le placement en détention provisoire de la belle-mère et demandé l'ouverture d'une information judiciaire pour "séquestration, abus de faiblesse, violences volontaires habituelles sur personne vulnérable, soumission d'une personne vulnérable à des conditions d'hébergement indignes et enfin escroquerie au jugement d'adoption".

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