Une nourrice condamnée à trois ans ferme pour la mort d'un bébé

Une nourrice condamnée à trois ans ferme pour la mort d'un bébé

Une peine de sept ans de prison ferme a été requise mardi à l'encontre d'une assistante maternelle de 64 ans, accusée de maltraitances ayant conduit à la mort en 2010 d'un bébé de cinq mois mais qu'elle nie avoir commises

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AFP, publié le mardi 05 décembre 2017 à 21h04

Une assistante maternelle de 64 ans a été condamnée mardi à 3 ans de prison ferme pour la mort d'un bébé de cinq mois dont elle avait la garde, a-t-on appris de source judiciaire. 

L'accusée, qui comparaissait libre, a été incarcérée à l'issue du verdict. 

Elle était jugée pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", une accusation passible de 20 ans de réclusion, mais la cour a requalifié son acte en "homicide involontaire". 

Comme l'avait rappelé dans sa plaidoirie Nicolas Fondanèche, l'avocat de la défense, c'est d'ailleurs sous ce chef qu'elle avait été mise en examen initialement avant que les faits ne soient requalifiés sur la base d'un rapport médico-légal écartant toute autre responsabilité que la sienne. 

Alors que l'avocate générale, estimant l'assistante maternelle coupable de maltraitances mortelles, avait requis 7 ans de prison à son encontre, la cour a été sensible à l'argument de la défense pour qui sa cliente était avant tout "une coupable par défaut". 

Il s'était employé à fragiliser les "certitudes" de l'instruction, relevant que les experts s'étaient montrés moins catégoriques lors de l'audience que dans leurs rapports écrits, notamment sur la possibilité que la nièce de l'accusée qui était présente à son domicile le jour des faits ait pu avoir blessé accidentellement l'enfant en le manipulant comme si c'était une poupée. 

Le 9 juin 2010, Mélissa était admise à l'hôpital dans un état critique après que sa nourrice eut appelé les pompiers. Celle-ci, qui la gardait à son domicile d'Aulnay-sous-Bois depuis moins d'un mois, affirmait l'avoir secouée violemment, sous l'effet de la panique, en la voyant convulser tandis qu'elle la changeait.

Elle décédait le 20 juin. Entretemps, des scanners avaient révélé une fracture récente au crâne ainsi que de multiples fractures plus anciennes, aux bras et aux chevilles. 

Alors que la mère était rapidement mise hors de cause, les soupçons se portaient sur l'assistante maternelle, une mère divorcée décrite comme dépressive mais dont le professionnalisme n'avait jamais été mis en cause depuis qu'elle avait obtenu son agrément en 2001.

L'avocate générale avait émis l'hypothèse que la nourrice avait été débordée par ses affects. "Le fait que Mélissa pleurait souvent a été source de stress, de fatigue puis d'exaspération intense, au point de ne plus en pouvoir". 

Mais pour Monique Doré, l'avocate de la mère et des grands-parents du bébé, l'accusée qui se faisait appeler "Tata Cruella" par les enfants était une femme "sadique", mue par la "jalousie" à l'égard de la mère de Mélissa, laquelle avait du mal à supporter la séparation et se mettait à pleurer dès qu'elle franchissait la porte de l'appartement de sa nourrice. 

Elle s'est dite "surprise" par la requalification, rappelant à l'AFP que "dans une affaire similaire jugée à Nanterre", une femme avait été condamnée à 14 ans de prison "pour avoir seulement secoué un bébé", sans lui infliger d'autres violences.   

Joint par l'AFP, le parquet général n'était pas en mesure de dire mardi soir s'il avait l'intention de faire appel. 

 
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