Une femme frappée pour un hamburger : la publicité qui fait scandale en Belgique

Une femme frappée pour un hamburger : la publicité qui fait scandale en Belgique
Le visuel pour le hamburger Bicky a été publié sur Facebook

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 09 octobre 2019 à 18h20

La distributeur "GoodLife Foods" est dans la tourmente après la publication d'un visuel pour son burger "Bicky", qui met en scène un homme frappant une femme.

Une femme frappée par un homme car elle ne lui apporte pas le hamburger demandé: une publicité a suscité un tollé en Belgique, consommateurs et politiques la jugeant "nauséabonde" et "irresponsable", sur fond de mobilisation contre les violences conjugales. Selon plusieurs médias belges, quelque 500 plaintes ont été recensées par le Conseil de la publicité, l'organe disciplinaire du secteur en Belgique.

Posté sur Facebook, le visuel incriminé, qui emprunte à la BD et au pop art américain des années 1950, montre un homme en costume-cravate décochant un coup de poing au visage à une femme blonde, qui vacille sous la violence du geste.

"Sérieux, un faux Bicky?", proclame l'homme pour justifier le geste. Et l'annonceur d'expliquer, au-dessus de l'image, que seule la bonne couleur de boîte permet de s'assurer qu'il s'agit du "véritable Bicky", un steak cuit dans la friture prisé des Belges amateurs de junk-food. Mercredi, tous les médias belges se faisaient l'écho du tollé provoqué par la publicité, rapidement retirée de Facebook mais qui restait visible dans les commentaires de nombreux internautes. "Nous ne nous attendions pas à telles réactions de protestation", a réagi l'entreprise GoodLife Foods, qui produit le hamburger.

"Nous ne cherchions pas à susciter toutes ces réactions. Aujourd'hui, nous faisons notre mea culpa" a pour sa part réagi le responsable de la marque Bicky pour le Benelux, dans les colonnes du Soir. "La violence envers les femmes est plus importante que notre marque. Nous ne voulons pas que Bicky soit associé à cette violence. Et nous souhaitons que cette polémique s'arrête au plus vite".


"Bicky, hamburger à vomir", a écrit le journal Le Soir dans un billet d'humeur, se demandant comment, en 2019, des créatifs de la publicité pouvaient juger une telle campagne "drôle, sympa, prometteuse". "Tous les dix jours, un homme tue sa femme, ou son ex. Et tous les jours, certaines se font humilier, violer, tabasser", ajoutait le quotidien, faisant part de sa "rage".

Nawal Ben Hamou et Christie Morreale, ministres de l'Egalité des chances respectivement à la région Bruxelles-Capitale et en Wallonie, ont annoncé avoir saisi l'organe disciplinaire de la publicité.

La première a fustigé sur sa page Facebook une campagne "nauséabonde et totalement irresponsable".


"Environ une femme sur quatre subira des violences pendant sa vie, certaines d'entre elles en mourront. Utiliser la violence à l'égard des femmes dans la publicité est irresponsable", a renchéri sur Twitter Mme Morreale.

Selon Mme Sepul, le jury d'éthique publicitaire de Belgique a transmis les plaintes reçues à l'organe équivalent des Pays-Bas, la Reclame Code Commissie. L'annonceur identifié, Izico, est établi aux Pays-Bas, a-t-elle expliqué. Ce dernier va désormais être amené à s'expliquer et une sanction pourrait être décidée d'ici "quelques semaines". "Même s'il y a eu retrait (de la publicité), c'est important d'un point de vue moral et symbolique de statuer pour baliser les choses", a fait valoir Mme Sepul.

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