Un journaliste anti-Poutine tué par balle à Kiev

Un journaliste anti-Poutine  tué par balle à Kiev
Né à Moscou, le journaliste russe Arkady Babchenko s'était installé à Prague, puis à Kiev, après avoir reçu des menaces.

leparisien.fr, publié le mardi 29 mai 2018 à 23h05

Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko, un critique virulent du régime du président Vladimir Poutine, est mort chez lui de trois balles dans le dos.

La femme d'Arkadi Babtchenko était dans la salle de bain quand elle a entendu du bruit. Puis elle a découvert son mari ensanglanté dans leur appartement de Kiev. Selon le porte-parole de la police ukrainienne, le journaliste et écrivain, connu pour être un critique virulent du régime du président russe Vladimir Poutine, est mort dans l'ambulance qui l'emmenait à l'hôpital.

« Arkadi Babtchenko a été tué de trois balles dans le dos dans la cage d'escalier de son immeuble quand il rentrait du magasin », a précisé sur Facebook un de ses collègues, le journaliste Osman Pachaïev. Cela faisait un an que l'écrivain animait une émission sur la chaîne de télévision ukrainienne privée ATR.

Menacé en Russie

L'homme de 41 ans avait quitté la Russie après avoir reçu des menaces. Il a d'abord déménagé à Prague, puis à Kiev. Avant son départ, il avait notamment coopéré avec le journal d'opposition russe Novaïa Gazeta et la radio russe Echo de Moscou. Dans sa jeunesse, il avait par ailleurs participé aux deux guerres en Tchétchénie en tant que soldat russe, avant de devenir un journaliste respecté et extrêmement critique vis-à-vis du Kremlin. Il avait alors raconté les guerres dans cette république russe du Caucase dans un livre édité en France par Gallimard sous le nom de « La couleur de la guerre ».

L'agence de presse Sputnik, réputée pro-Poutine, se charge de de son côté de rappeler que plusieurs meurtres de journalistes ont été commis en Ukraine ces dernières années. Et récemment, « des nationalistes ukrainiens ont kidnappé et torturé Alexandre Medinski, pacifiste et journaliste indépendant ukrainien ».

Des précédents mystérieux

Moscou a par ailleurs « exigé des autorités ukrainiennes d'employer tous les efforts en vue d'une enquête efficace » et également rappelé les précédents : « Les crimes sanglants et l'impunité totale sont devenus une routine pour le régime de Kiev », a dénoncé le ministère russe des Affaires étrangères sur sa page officielle. Le Comité d'enquête russe, un organisme dépendant directement du Kremlin et chargé des principales affaires, a annoncé l'ouverture d'une procédure criminelle.

Mais le meurtre de ce reporter de guerre, qui a provoqué un choc dans la profession en Russie, est le deuxième en moins de deux ans d'un journaliste contestant la politique du gouvernement russe habitant dans la capitale ukrainienne. Le 20 juillet 2016, le Russo-Bélarusse Pavel Cheremet avait en effet péri dans l'explosion de la bombe placée sous la voiture qu'il conduisait en plein centre de Kiev, une affaire qui n'est toujours pas élucidée. En mars 2017, un ancien député russe réfugié en Ukraine avait pour sa part été tué par balle, également dans le centre de cette ville.

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