Un jeune migrant se suicide dans un centre d'accueil du Pas-de-Calais

Un jeune migrant se suicide dans un centre d'accueil du Pas-de-Calais
Ce drame est le signe selon Médecins du Monde que « les souffrances psychologiques des migrants sont réelles ». (Illustration)

leparisien.fr, publié le mercredi 20 juin 2018 à 18h31

Le jeune homme guinéen de 19 ans était arrivé de Calais il y a quelques semaines.

Un Ghanéen de 19 ans s'est suicidé la semaine dernière dans un Centre d'accueil et d'examen des situations (CAES) de Croisilles dans le Pas-de-Calais, a révélé La Voix du Nord.

Le jeune homme qui était arrivé de Calais « il y a quelques semaines » s'est donné la mort « dans une partie désaffectée du bâtiment », a déclaré Guillaume Alexandre, directeur général de La Vie Active, une association d'aide sociale qui a été mandatée par l'État pour s'occuper de la gestion du CAES.

Une cinquantaine de migrants y sont accueillis pour faire un point sur leur situation et réfléchir à leurs possibilités de demande d'asile ou de retour au pays.

«Pas de défaillance de l'organisation»

« La migration a forcément eu un impact sur sa situation (psychologique) » a estimé Guillaume Alexandre, tout en précisant ne pas connaître la « situation familiale » du Ghanéen et ajoutant qu'il était « resté très renfermé sur lui-même ». Le jour de son décès, il avait rendez-vous avec une psychologue. Selon Guillaume Alexandre, il n'y a pas de « défaillance de l'organisation ».

Ce drame est le signe, selon Médecins du Monde, que « les souffrances psychologiques des migrants sont réelles ». « Les souffrances des exilés sont réelles », a commenté Patricia Belliard, coordinatrice médicale à Calais et Dunkerque (Nord) pour Médecins du Monde. Angoisse de l'exil, du parcours, de l'arrivée en France, manque d'accès aux besoins fondamentaux, peur d'un retour au pays d'entrée dans l'Union européenne selon les termes du règlement de Dublin, les sources de souffrances sont multiples.

Rapport alarmant

« Les structures de santé et eux, on n'est pas dans le même espace-temps, nous c'est du long terme, des rendez-vous réguliers, pour eux c'est dur de se projeter à la semaine prochaine », a expliqué Patricia Belliard, avant de s'interroger : « L'offre est là, mais est-elle adaptée à la population des exilés ? »

Ce suicide est intervenu alors que le Centre Primo Lévi et Médecins du Monde publient ce mercredi, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugies, un rapport alarmant sur la souffrance psychique des migrants.

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