Triple infanticide de Mérignac : la piste de l'empoisonnement

Triple infanticide de Mérignac : la piste de l'empoisonnement

Une femme de 42 ans aurait empoisonné ses trois enfants de 5, 8 et 9 ans avant de tenter de se suicider.

leparisien.fr, publié le jeudi 05 avril 2018 à 19h36

Dans cette ville près de Bordeaux (Gironde), personne ne s'explique le geste de la mère de famille, soupçonnée d'avoir tué ses trois enfants.

Un secteur paisible de Mérignac (Gironde), proche de la rocade bordelaise. Au numéro 18 de la rue Jean-Baptiste-Charcot, une maison blanche d'un étage, volets clos, une voiture rouge stationnée devant le garage et un silence pesant. Un pavillon tout simple comme il en existe des centaines dans ce quartier du Chemin-Long.

Un quartier sous le choc depuis que les riverains ont appris qu'un triple infanticide s'y était déroulé mercredi. Devant la porte de son jardin, juste en face, Serge, la cinquantaine, contient difficilement ses larmes : « Dimanche, j'avais vu les parents chercher des œufs dans le jardin avec les enfants. Et puis voilà. C'est une catastrophe. J'ai vu le monsieur en larmes et j'ai appris ce qu'il s'est passé. Je ne comprends pas. J'avais trouvé la dame fatiguée ces derniers temps mais il n'y avait pas de problème particulier ».

Un peu plus loin, Lionel est en pleine détresse, la voix étranglée : « comment peut-on imaginer que des bouts de chou disparaissent comme ça ? C'est terrible, c'est très choquant. On ne peut pas imaginer. On avait fait des fêtes de voisin avec eux. »

Un puissant anesthésique qui n'est pas disponible en pharmacieHier, les proches du couple et des riverains ont été entendus par la police. Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête criminelle pour homicide aggravé sur mineur de moins de quinze ans. Une autopsie doit être pratiquée à l'institut médico-légal afin de déterminer les causes de la mort des deux petits garçons, âgés de cinq et neuf ans et de leur sœur de huit ans.

La thèse privilégiée par les enquêteurs est celle d'un empoisonnement effectuée par leur mère, une infirmière du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, âgé de quarante-deux ans, à l'aide d'un médicament qui n'est pas disponible en pharmacie. Elle aurait pu se procurer cette substance, un puissant anesthésique, sur son lieu de travail, mais cela reste à confirmer.

La maman, qui a tenté de mettre fin à ses jours, n'a pas pu être auditionnée. Son pronostic vital est encore engagé. Elle a laissé un mot sur les lieux du drame pour expliquer son geste. Selon la procureure de la République, elle y exprime son mal-être. Le père des jeunes enfants, qui a découvert les corps mercredi après-midi, a été hospitalisé en état de choc. Dès que son état le permettra, il sera entendu par les policiers bordelais de la sûreté départementale.

Toute la ville sous le chocA ce stade des investigations, un problème d'ordre financier ne semble pas expliquer ce terrible geste de la femme du couple considéré comme sans histoires par le voisinage. « Je la croisais, on se disait bonjour. C'est vraiment très triste » confie Michelle, une voisine. Au groupe scolaire Arnaud Lafon de Mérignac, où étaient scolarisés les trois enfants, la nouvelle a profondément choqué les élèves et l'ensemble du personnel.

L'éducation nationale a mis en place jeudi matin une cellule psychologique pour les enfants et les adultes. Dans un court communiqué de presse, le maire de la commune, Alain Anziani, qui a rencontré le personnel de l'école, a fait part « de la profonde émotion qui a envahi la ville ».

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