Transferts douteux de l'OM : Ben Arfa entendu par la police

Transferts douteux de l'OM : Ben Arfa entendu par la police
L'Office central de lutte contre la criminalité organisée s'intéresse notamment au transfert d'Hatem Ben Arfa de l'Olympique de Marseille vers Newcastle.
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leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 20h23

Le joueur du PSG a été entendu comme témoin dans le dossier des transferts douteux de l'OM. Les policiers cherchent à connaître ce qu'il savait des commissions occultes versées à des intermédiaires dans le cadre de son transfert à Newcastle en 2011.

Hatem Ben Arfa devrait animer le prochain marché des transferts. Mais c'est d'un autre mercato dont les policiers de l'Office central de lutte contre la criminalité organisée souhaitaient lui parler il y a un mois. Selon nos informations, le «banni» du PSG a en effet été entendu pendant quatre heures comme témoin dans le cadre de la tentaculaire affaire des transferts douteux de l'OM.

L'audition s'est déroulée discrètement à Nanterre (Hauts-de-Seine) avec au menu les conditions de son transfert en deux temps de l'OM vers le club anglais de Newcastle. Un prêt d'abord à l'été 2010, puis un transfert définitif négocié pendant l'hiver 2011.

Une enquête lancée en 2011

La plupart questions posées par les policiers étaient relatives à Jean-Luc Barresi, incontournable personnage du dossier. Cet agent de joueurs à la réputation sulfureuse est le frère de Bernard et Franck Barresi, plus habitués de la rubrique faits divers que des pages sports. Mais ce n'est pas la généalogie qui intéresse les policiers.

Depuis 2011, sous la direction d'un juge d'instruction marseillais, ils épluchent un par un les transferts de nombreux joueurs de l'OM avec un soupçon clair : que des hommes proches ou membres à part entière du grand banditisme aient touché des commissions occultes sur les transactions. C'est le cas de Jean-Luc Barresi dont le nom apparaît comme une ombre derrière le transfert de Ben Arfa à Newcastle.

Dans un procès-verbal de 40 pages, les enquêteurs ont retracé le «journal de bord» de cette transaction. Des intermédiaires apparaissent, puis disparaissent. Plusieurs fois, les dirigeants de l'époque de l'OM stipulent dans des documents qu'ils n'ont pas d'agent dans le cadre de ce transfert. Alors qu'un homme, Nathanaël Busi, qui se présente comme «collaborateur de joueur» est bien à l'œuvre pour le compte du club. Il s'en vante d'ailleurs dans une conversation téléphonique écoutée par les policiers où il évoque le transfert de Ben Arfa : «Après, quand j'ai..., quand on a touché un peu l'argent et puis que je n'ai pas voulu en donner à Barresi, ça a été la guerre quoi».

Des documents antidatés et de faux contrats

La «guerre» c'est son éviction du transfert et de sa juteuse commission de 200 000 euros. En lieu et place, l'OM officialise alors un autre agent, un anglais, Simon Stainrod qui a la particularité d'être recruteur pour le compte du club de Newcastle... Une étrangeté relevée par les policiers.

Pas la seule puisque pour valider l'arrivée de Stainrod dans la négociation, il a fallu antidater des documents et faire de faux contrats. D'après les enquêteurs, ces faux ne sont « qu'un habillage afin de permettre de payer des tierces personnes ». En clair les policiers pensent que Jean-Luc Barresi a fait pression sur les dirigeants marseillais pour évincer le premier intermédiaire et désigner Simon Stainrod sans doute plus enclin à partager le butin. D'après la synthèse des enquêteurs, Barresi aurait ainsi touché 50 000 euros. Une extorsion maquillée en négociation.

Pour éclaircir les conditions du transfert de Ben Arfa, les enquêteurs de la police judiciaire ont aussi entendu pendant sept heures Michel Ouazine, conseiller du joueur, et l'avocat de Ben Arfa, Me Jean-Jacques Bertrand. « Il était important d'être entendu pour montrer que ni Hatem ni moi-même n'étions concernés. Nous n'avons jamais été contactés, ni informés à propos des modalités de ce transfert », a réagit l'avocat.

Contacté aussi par nos soins, Michel Ouazine est sur la même longueur d'onde : « Cette affaire ne nous concerne ni de près, ni de loin. J'ai toujours combattu ces méthodes ».

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