Toulouse : vingt ans de réclusion pour Lionel Cardon, ex-ennemi public numéro 1

Toulouse : vingt ans de réclusion pour Lionel Cardon, ex-ennemi public numéro 1
Lionel Cardon, « ennemi public N°1 » en 1983

leparisien.fr, publié le jeudi 14 juin 2018 à 17h57

Déjà condamné pour trois meurtres, dont celui d'un policier, dans les années 1980, il avait refait parler de lui en 2015 avec un double braquage.

Retour à la case prison pour Lionel Cardon, le multirécidiviste du crime. Condamné deux fois à perpétuité dans les années 1980, pour le meurtre d'un couple de médecins près de Bordeaux puis pour celui d'un policier à Paris, l'ancien « ennemi public N°1 » replonge. Une peine de 20 ans de réclusion criminelle a été infligée jeudi par la cour d'assises de Haute-Garonne à cet homme de 60 ans qui a déjà passé plus de 30 ans de sa vie derrière les barreaux. Cardon a cette fois été reconnu coupable de deux home-jackings près de Toulouse.

Les jurés sont allés au delà des réquisitions de l'avocat général David Sénat qui avait demandé 12 ans de réclusion à son encontre. Lionel Cardon a été jugé en son absence : il est hospitalisé après une grève de la faim de 80 jours. Selon un rapport d'un médecin expert, cité à l'audience, « il ne pèse plus que 49,4 kg pour 1,78 ». Lundi, ses avocats, qui viennent d'annoncer qu'ils faisaient appel de sa condamnation, avaient quitté l'audience, jugeant « ubuesque » de poursuivre le procès sans l'accusé.

On avait fini par l'oublier

Lorsqu'en 2015 Lionel Cardon est arrêté à Nice pour deux braquages, celui d'un couple de bijoutiers puis d'une postière, commis l'été précédent dans la région toulousaine, il n'était plus présent qu'à l'esprit des familles de ses victimes et de quelques policiers. Oublié, le portrait-robot de ce jeune homme blond affiché à l'automne 1983 dans tous les commissariats de France après le double-meurtre de Pessac. Oubliée encore la cavale de cinq semaines du « tueur à l'écharpe » qui avait pris un tour sanglant avec la mort du brigadier Hochard, abattu de deux balles dans la poitrine au bois de Boulogne. Une dernière prise d'otage à sensation et Lionel Cardon finira par se rendre.

Palais de justice de Bordeaux, 10 avril 1984 . Lionel Cardon, au centre, escorté par des policiers. RENE JEAN/AFP

En semi-liberté lorsqu'il replonge

Agé à l'époque de 24 ans, le natif d'Honfleur (Calvados) n'est pas un débutant : il a déjà été condamné par les assises des Hauts-de-Seine à dix ans de réclusion pour des braquages. Après avoir purgé cinq ans de prison, il se trouve en liberté conditionnelle et le procès en laxisme fait rage. En 2015, le quinquagénaire Cardon est à nouveau en semi-liberté depuis 2012, rêve de devenir entraîneur de boxe et confie que son lourd passé est « derrière lui ». Il n'a pourtant jamais été aussi près de renouer avec le braquage.

Pas de nouvelle chance

Dans l'attente de son nouveau procès, Cardon observait une grève de la faim pour protester contre la suppression de sa liberté conditionnelle et le refus de le transférer de la prison de haute sécurité de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) à celle de Muret près de Toulouse. Ce jeudi, son complice dans l'une des deux affaires de braquage, Mohamed Boubaka, de nationalité tunisienne, mais identifié comme Omar Kadri, né à Mostaganem (Algérie), a écopé d'une peine de huit ans de prison. Cardon, double incarnation du multirécidiviste et de l'impossible réinsertion, n'a pas eu droit à une nouvelle chance.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.