Toulouse: échauffourées entre policiers et jeunes dans deux quartiers prioritaires

Toulouse: échauffourées entre policiers et jeunes dans deux quartiers prioritaires

Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb (centre) en visite au commissariat de police de Bellefontaine à Toulouse le 9 mars 2018

AFP, publié le lundi 16 avril 2018 à 22h02

Des échauffourées ont opposé une centaine de jeunes aux forces de l'ordre dimanche soir à la Reynerie et à Bellefontaine, des quartiers classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP) à Toulouse, a-t-on appris lundi de source policière.

Dix voitures ont été brûlées, ainsi qu'un engin de chantier tandis que le commissariat de police de Bellefontaine, visité début mars par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a été la cible de jets de pierres, a expliqué à l'AFP le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) adjoint, le commissaire Arnaud Bavois.

Ces incidents n'ont "fait aucun blessé" et n'ont donné lieu à "aucune interpellation", a-t-il ajouté. Une enquête en flagrance a été ouverte par le parquet de Toulouse pour violences aggravées avec armes et sur personnes dépositaires de l'autorité publique, dégradations et incitations à l'émeute, selon une source judiciaire.

Les violences ont essentiellement eu lieu entre 20H00 et 23H30 mais le calme n'est revenu qu'après minuit.

"Il y avait clairement une volonté de s'en prendre aux forces de l'ordre. Ça faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu ça", a constaté le commissaire Arnaud Bavois, décrivant des scènes de "grande violence" avec des jeunes qui ont mis le feu à des voitures et avec l'idée "de prendre les policiers en guet-apens". 

Au total, plus de cent policiers, CRS et gendarmes ont été mobilisés pour ramener le calme. Un hélicoptère de la gendarmerie a également survolé les lieux. 

La tension dans le quartier, selon M. Bavois, est montée dans l'après-midi après le contrôle d'une femme voilée refusant de se soumettre aux vérifications de la police.

Elle a été interpellée et placée en garde à vue pour "rébellion et outrage et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique", selon une source judiciaire. Lundi dans la soirée, la garde à vue a été prolongée, a précisé la même source. 

Ces violences pourraient également avoir été déclenchées par une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, auraient été à l'origine du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier, a précisé le DDSP adjoint.

Or, si un homme d'une trentaine d'années est bien mort samedi dans cette prison, c'est "à la suite d'un suicide", a souligné le commissaire, précisant qu'il y a eu également "une tentative de suicide" d'un autre détenu dont le "pronostic vital" est engagé.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour "recherche des causes de la mort" par le parquet de Toulouse, qui a souligné que l'autopsie avait confirmé que les causes du décès du détenu "sont compatibles avec une mort par pendaison".

Lundi en milieu d'après-midi, quelque 90 détenus ont refusé de réintégrer leur cellule pendant quelques heures, a encore indiqué le parquet, ajoutant que la situation est revenue à la normale dans la soirée.

- "déferlement d'agressivité" -

Le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc a condamné "fermement les violences urbaines" qui "portent d'abord préjudice aux quartiers eux-mêmes" et "sont inacceptables". "Soutien aux forces de l'ordre, au sang froid exemplaire face à cette situation et ce déferlement d'agressivité", a-t-il indiqué sur Twitter.

Un "dispositif conséquent" a été prévu pour la nuit de lundi à mardi afin d'éviter une nouvelle explosion de violence, a annoncé le commissaire Bavois.

La préfecture a pris des mesures particulières concernant la règlementation en matière de distribution et de transport de carburant. 

De lundi 15h00 à mercredi 20h00, "l'achat et la vente au détail, l'enlèvement ou le transport de tout carburant par jerricanes, cubitainers, bidons, flacons ou récipients divers sont interdits dans les points de distribution des communes de Toulouse Métropole, Portet-sur-Garonne, Vieille-Toulouse, Ramonville Saint-Agne et Labège", selon la préfecture.

La Reynerie et Bellefontaine sont situés dans le quartier du Grand Mirail, qui compte plus de 40.000 habitants. 

En proie au trafic de drogue et aux règlements de compte, il a été retenu par le gouvernement pour l'expérimentation de la police de sécurité du quotidien (PSQ), qui mise sur une nouvelle méthode de travail, collective, et de nouveaux outils, pour lutter contre l'insécurité.  

En visite le 9 mars, M. Collomb avait annoncé 30 fonctionnaires de plus pour la PSQ du Mirail.

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