Toulouse : des parents veulent appeler leur enfant "Jihad", la justice le renomme "Jahid"

Toulouse : des parents veulent appeler leur enfant "Jihad", la justice le renomme "Jahid"
Un bébé à l'hôpital Necker de Paris, le 30 juillet 2015.

Orange avec AFP, publié le lundi 16 avril 2018 à 22h05

Si les parents continuent à l'appeler Jihad, le magistrat a choisi "dans l'intérêt de l'enfant" d'intervertir les deux voyelles du prénom pour les registres d'état civil.

En France, depuis 1993, les officiers d'état civil ne peuvent plus décider d'interdire un prénom. Mais lorsqu'en août dernier un couple de Toulouse avait décidé d'appeler leur bébé "Jihad", qui signifie "lutte" ou "effort" en arabe, le service de l'état civil avait signalé les faits au Procureur de la République.



Finalement, un juge aux Affaires familiales de Toulouse a décidé vendredi 13 avril que le petit garçon s'appellera "Jahid" à l'état civil. Alors que ses parents souhaitent continuer à l'appeler Jihad "à l'oral", le magistrat a choisi "dans l'intérêt de l'enfant", dans un contexte marqué par les attentats terroristes, d'intervertir les deux voyelles du prénom pour les registres d'état civil, a précisé le parquet. Une inversion de voyelles permise par l'article 57 du code civil.



À Nice, en novembre, la mairie avait elle aussi saisi la justice après la naissance d'un petit garçon déclaré à l'état civil sous le nom de "Mohamed, Nizar Merah", identique à celui du tueur jihadiste de Toulouse et Montauban en 2012. La mairie de Nice avait estimé que le choix des parents "pouvait être contraire à l'intérêt de l'enfant" et l'avait assimilé à une apologie du terrorisme. Le parquet avait saisi le juge des Affaires familiales, avant que les parents de l'enfant renoncent au prénom.

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