Torturé pour un code de carte bancaire: trois jeunes jugés à Beauvais

Torturé pour un code de carte bancaire: trois jeunes jugés à Beauvais
Torturé pour un code de carte bancaire: trois jeunes jugés à Beauvais

publié le lundi 27 septembre 2021 à 20h39

Des coups par dizaines, des vêtements arrachés, une clé enfoncée dans les yeux: deux hommes et une femme sont jugés depuis lundi devant les assises de l'Oise pour avoir torturé un étudiant à qui ils voulaient extorquer son code de carte bancaire.

La victime, un étudiant parisien de 25 ans originaire des Yvelines, avait été retrouvée grièvement blessé le 19 avril 2017 au petit matin, dans un champ près des étangs de Boran-sur-Oise (Oise). Laissé pour mort entièrement nu par -4 degrés, il était en état d'hypothermie.

Quelques heures plus tôt, il avait rencontré les accusés (ainsi qu'un mineur qui sera jugé plus tard), à bord de leur véhicule, après une soirée à Paris. Il leur avait demandé de le ramener chez lui. Les quatre jeunes s'en étaient alors violemment pris à lui, pour dérober ses biens et lui faire avouer son code de carte bleue.

Les mis en cause --deux hommes de 23 ans au moment des faits, une jeune femme alors âgée de 17 ans et un autre de 14 ans-- sont jugés pour violences, extorsion, torture et actes de barbarie, séquestration et vol.

Ils ont été retrouvés grâce à la téléphonie. Leur Audi A3 a également été filmée par des caméras de vidéosurveillance.

Selon certaines déclarations tenues en garde à vue, le conducteur et propriétaire du véhicule, Montassar H., est à l'initiative de l'agression, ce qu'il nie.

A l'audience, K., le mineur soupçonné d'avoir participé, interrogé comme témoin, a plutôt chargé un comparse, Marvin T.

"C'est Montassar qui nous emmène. Il a dit qu'on allait le voler. Mais on ne devait pas le frapper. Mais Marvin était alcoolisé et il a commencé à le frapper. Et ça a dégénéré. J'ai commencé à le frapper: coups de pied et coups de poing au visage et au dos", raconte-t-il devant la cour.

"Il criait. Il avait mal", poursuit-il. "J'ai pas pris conscience de la gravité sur le moment".

La victime --présente à l'audience-- donne alors un premier code, que Montassar H. s'empresse de tester à un distributeur automatique, accompagné d'Emilie D.

Mais "le code qu'il nous a donné était faux. Alors on a continué à le frapper pour qu'il nous donne le bon code. Ensuite, Emilie, petite amie de l'époque de Marvin, lui a demandé de se calmer car il avait tenté de lui crever les yeux avec une clé. J'ai frotté la clé dans la terre pour essayer d'enlever le sang", détaille K.

Les agresseurs déshabillent l'étudiant, tentent de lui brûler les sourcils et d'autres parties du corps à l'aide d'un briquet, ou encore de lui enfoncer une branche dans l'anus.

Visiblement peu ému à l'évocation de ces violences, Marvin T. reconnait les coups. "Mais je ne me souviens pas de tout. J'avais bu, j'avais fumé du cannabis. Je regrette. Je n'étais pas dans mon état normal", assure-t-il.

Montassar H., lui, nie les coups, confirmant seulement avoir tenté de récupérer de l'argent. "J'avais peur que la victime soit décédée. Je suis allé voir s'il était encore en vie avant de quitter les lieux", lance-t-il.

Verdict vendredi.

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