Thaïlande: ils incendient des portraits du roi et échappent à un procès

Thaïlande: ils incendient des portraits du roi et échappent à un procès
Un portrait du roi de Thaïlande Maha Vajiralongkorn, le 22 avril 2018 à Bangkok

AFP, publié le jeudi 20 septembre 2018 à 17h41

Six jeunes Thaïlandais, accusés d'avoir mis le feu à des portraits du roi, ne seront finalement pas jugés pour lèse-majesté d'après leur avocat, une décision rare dans le royaume qui a l'habitude de réprimer très sévèrement toute atteinte au souverain.

Ils étaient en détention depuis 2017 pour avoir brûlé des portraits du roi de Thaïlande, que l'on peut voir partout à travers le pays: le long des routes, dans les entrées des administrations et des entreprises.

Les faits se sont produits dans la province de Khon Kaen, dans le nord-est du pays. Cette région est connue pour son soutien au Pheu Thai, parti dans l'opposition depuis son éviction du pouvoir par un coup d'Etat militaire en 2014 réalisé au nom de la défense de la monarchie.

Mis en examen en janvier 2018, le tribunal a finalement décidé cette semaine de ne retenir contre eux que les accusations d'"association criminelle" et de "destruction de la propriété d'autrui", et non plus le caractère lèse-majesté, a indiqué jeudi Pawinee Chumsri, l'avocate de Thai Lawyers for Human Rights représentant les prévenus.

Ils encourent néanmoins pour ces chefs d'accusation jusqu'à neuf ans de prison, rappelle l'ONG. 

Les six jeunes ont assuré avoir été engagés par un mystérieux commanditaire pour brûler les portraits qui représentaient le roi actuel, Maha Vajiralongkorn, et son père, le défunt Bhumibol Adulyadej.

Thai Lawyers for Human Rights recense depuis des années les procès pour lèse-majesté dans le royaume, où de nombreux détenus accusés d'irrespect envers la royauté continuent de purger des peines de prison de plusieurs dizaines d'années pour certains. Parmi eux, des internautes et citoyens, mais aussi plusieurs membres de la famille de l'ex-femme du roi, la princesse Srirasmi.

Néanmoins, les acquittements se sont multipliés ces derniers mois.

Le cas plus emblématique est celui d'un célèbre historien accusé de lèse-majesté pour avoir douté de la version officielle d'une bataille d'éléphants menée par un roi au XVIe siècle. Il a été acquitté en janvier.

"Les affaires de 112 (le numéro de la loi de lèse-majesté) ont été très peu nombreuses cette année", s'est réjoui Pawinee Chumsri.

Le roi Maha Vajiralongkorn a succédé en 2016 à son père Bhumibol Adulaydej, qui a régné plus de 70 ans sur le pays.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.